Approche théorique de l’éducation pour la santé

Didier Jourdan et Dominique Berger dans le dossier « Les ancrages théoriques de l’éducation pour la santé » de la Santé de l’Homme en 2005 proposent une réflexion sur l’intérêt des modèles théoriques pour la pratique des éducateurs de santé.
Ainsi dans leur article « De l’utilité de clarifier les référents théoriques de l’éducation pour la santé », ils soulignent :
« Pas plus dans le domaine de l’éducation pour la santé que dans les autres champs du savoir humain, il n’y a de faits bruts, tout fait s’insère dans un réseau de représentations mentales souvent implicites. Ainsi, travailler sur les modèles sous-jacents à notre action, s’appliquer à expliciter ce qui la fonde constituent des enjeux capitaux pour toute intervention dans le champ de l’éducation pour la santé et de la promotion de la santé. L’intérêt premier d’une étude des différents modèles théoriques soutenant l’action est donc de rendre possible le passage de l’implicite à l’explicite, d’identifier dans quel but et sur quelles bases les interventions sont construites. »

Jean Pierre Deschamps, Professeur honoraire de Santé Publique , dans un article de 2008 de la revue « Promotion et Education », propose quant à lui « Une « relecture » de la charte d’Ottawa » (pdf, 263 Ko) :
« Il n’est jamais inutile de relire un texte fondateur, d’en débattre, de le critiquer, de le commenter, d’en triturer le contenu pour en faciliter l’adaptation aux mouvances sociales, culturelles, institutionnelles, d’en rechercher la modernité, de le confronter à l’expérience qu’il a permis d’acquérir et de mesurer les changements qu’il a pu engendrer ».

Dans un « Traité de santé publique » Patrick LAMOUR et Omar BRIXI constatent que les productions théoriques en éducation pour la santé expriment des conceptions différentes avec pour chaque époque un modèle dominant auquel s’oppose des approches nouvelles et divergentes.
Dans le chapitre « Education pour la santé : entre conceptions dominantes et conceptions alternatives » (pdf, 384 Ko), ils expliquent :
" On relève bien qu’il n’y a pas une, mais des conceptions de l’éducation pour la santé, conceptions que l’on peut schématiser en deux approches : « influer sur les comportements dits à risques au nom de normes et de représentations dominantes » ou « aider les individus et les groupes sociaux à gagner en marge d’initiative et de contrôle sur les facteurs individuels et collectifs qui contribuent à leur état de santé ». "

Après avoir explicité ses différentes approches, ils défendent une éducation pour la santé favorable au développement du sens critique des individus :
« Le but de l’éducation pour la santé renouvelée gagnerait plutôt à redonner à un individu son rôle de sujet-acteur. Une telle conception l’aiderait bien plus à accroître sa capacité à construire l’information nécessaire à la prise de décision dans un univers de contraintes et de compromis, par le renforcement de compétences qui concourent à améliorer sa santé. »

Dans le domaine de promotion de la santé, le concept de prévention est lui aussi interrogé.
Ainsi, suite à la parution de l’ouvrage "Le principe de prévention : le culte de la santé et ses dévires" de Jean-Paul Moatti et Patrick Peretti-Wattel, ce dernier dans une vidéo "La prévention connaît-elle aujourd’hui des dysfonctionnements ?" souligne certaines dérives :


La prévention connaît-elle aujourd’hui des dysfonctionnements
envoyé par larepubliquedesidees. - L’info internationale vidéo.

mardi 12 avril 2011


Le Crips Ile-de-France
est un organisme associé
de la région Ile-de-France
Sur twitter




Sur facebook