Espace convivial, attractif, ludique et interactif d’accueil, d’écoute, d’information et d’orientation autour de la santé, le Cybercrips s’adresse aux jeunes de 13 à 25 ans.
Espace pilote, innovant et expérimental, le Cybercrips concerne aussi les relais de prévention qui travaillent en direction des jeunes.
L’adolescence est la période pendant laquelle ont lieu les premiers rapports sexuels, les premières expériences de produits psychoactifs, licites ou illicites, et où peuvent s’installer des consommations régulières.
"A l’adolescence, s’acquièrent des capacités nouvelles d’abstraction, de logique, de raisonnement qui donnent à l’adolescent la capacité de voir le monde par ses propres yeux et non plus à travers ceux des adultes." (O. Phan, 2010)
Il existe trop peu de structures ressources en santé pour les jeunes. Souvent hébergées dans des lieux de soins, elles sont mal adaptées à ce public et leurs horaires d’ouverture ne sont la plupart du temps pas pertinents.
Quant aux approches de prévention, elles relèvent trop souvent de l’hygiène et du médical : codées, tristes, injonctives voire moralisatrices, trop scientifiques et peu attractives.
Structures et approches s’avèrent peu attirantes pour des jeunes de milieu défavorisé, pour des adolescents plus sensibles à l’image qu’à l’écrit ou pour ceux qui, l’esprit davantage tourné vers le concret, ont besoin de voir et de toucher.
Les thématiques auxquelles le Cybercrips se consacre sont principalement la vie affective et sexuelle (puberté, sexualité, orientation sexuelle, contraception, grossesse, VIH, infections sexuellement transmissibles) et l’usage de substances psychoactives, licites et illicites, surtout alcool, tabac et cannabis, les trois produits les plus consommés par les jeunes.
Ces thèmes sont mélangés dans l’espace de façon à éviter la stigmatisation et aussi à entraîner les visiteurs vers d’autres questionnements.
L’apport d’information a plus de chances d’engendrer des changements de comportements s’il est relayé dans un contexte relationnel et interactif. L’enjeu est d’étonner, de susciter une émotion, de faire rire, de toucher le jeune pour le retenir et de créer ainsi de bonnes conditions pour dialoguer avec lui.
L’utilisation des technologies de l’information et de la communication participe de cette démarche. Bornes interactives, cédéroms et vidéos attirent les jeunes. Des vitrines, des expositions, des outils interactifs, des jeux sont à leur disposition. Parfois surprenants, comme la Cybercar, Fiat 500 posée au milieu du Cybercrips. Objet hors normes et "vintage", symbole à la fois de liberté et de sécurité, elle offre un espace d’isolement, d’intimité protégée où l’adolescent peut inviter, s’il le désire, une autre personne à visionner les courts métrages qu’il choisit.
L’adolescent peut utiliser seul les outils ; il peut partager son expérience avec ses copains, avec d’autres adolescents présents dans le lieu. Mais ces outils sont surtout des moyens pour permettre au jeune de se poser des questions et à l’animateur d’entrer en contact avec lui.
Les animateurs du Cybercrips évaluent quand et comment aborder les adolescents, sans forcer leur intimité. Ils ne se contentent pas d’apporter des informations sans tabous aux questions que se posent les jeunes sur leur santé et leur sexualité. Ils essaient d’établir une relation de confiance avec eux, les aident à verbaliser leurs interrogations et à trouver leurs propres réponses. Ils favorisent les échanges entre jeunes sur les comportements de santé et de prévention.
S’appuyer sur des outils interactifs et ludiques leur permet d’instaurer une certaine distance entre la problématique et l’adolescent. Si celui-ci le souhaite ou en ressent le besoin, la possibilité lui est alors offerte de parler de lui-même, de son vécu, de ses préoccupations. Des espaces confidentiels d’écoute sont disponibles si nécessaire. Les animateurs n’effectuent pas de prise en charge mais orientent vers des ressources spécifiques.
A travers l’interactivité, l’un des objectifs des animateurs est de permettre aux jeunes de devenir acteurs, tant du lieu que de leur santé, et non plus seulement consommateurs. Les adolescents verbalisent des pistes de réflexion et ébauchent des solutions plus crédibles pour eux. L’idée est de les amener à prendre du recul, à faire des choix éclairés, à se protéger. L’interactivité valorise les jeunes et les conduit à débattre, à négocier.
"Plus les jeunes auront de liberté de penser, plus ils auront d’esprit critique, plus ils seront à même de faire face à des situations difficiles. Leur capacité à éviter le VIH sera finalement renforcée." (D. Jayle, 2002)
vendredi 16 décembre 2011