Retour sur le XVIIIe Congrès de la SFLS

Le Crips était présent au Congrès de la SFLS les 19 et 20 octobre 2017 dont le thème était « Vers un territoire sans sida », c’est-à-dire un territoire où 0 contamination au VIH serait constatée.

Deux axes se sont dégagés du Congrès :

La nécessité de porter et partager un message clair, ambitieux, scientifiquement prouvé

Eve Plenel (Vers Paris sans sida)

Eve Plenel (Vers Paris sans sida)

L’ensemble des intervenant·e·s ont réclamé un portage fort du politique sur la base des avancées scientifiques autour de la prévention diversifiée. Eve Plenel (Vers Paris sans sida) a mis en exergue la nécessité de remettre du « politique » dans la lutte contre le sida, c’est-à-dire une capacité à s’indigner et à ne pas « s’habituer » aux problématiques comme le retard au dépistage ou la surexposition des HSH et des populations afro-caribéennes au VIH.

Il a également été rappelé que si l’on a aujourd’hui les moyens de casser l’épidémie (dépistage, PrEP, TasP), il n’en reste pas moins que la réalité résiste : toujours plus de 6.000 découvertes de séropositivité à l’année et un retard au dépistage en moyenne de plus de 3 ans. Il est donc collectivement indispensable d’assumer la PrEP, d’assumer les TasP ; un travail d’appropriation doit être fait, au niveau des personnes exposées, au niveau du monde médical, au niveau sociétal.

La nécessité de faire « autrement » pour un territoire sans sida

Docteur Christian Pradier (CHU
de Nice)

Docteur Christian Pradier (CHU de Nice)

Repenser les rapports entre les acteur·rice·s, avoir une vision commune autour de ce que nous voulons faire, penser son territoire de façon dynamique et non de façon figée, faciliter la collaboration en mettant en place un espace où l’intelligence collective pourra avoir tout son sens : autant d’éléments listés par le docteur Christian Pradier (CHU de Nice) et regroupés dans le « faire autrement ».

Connaître son territoire de manière plus fine pour agir au plus près des besoins

Daouda Diouf (Enda Santé, Sénégal)

Daouda Diouf (Enda Santé, Sénégal)

La connaissance fine de son territoire est une base indispensable à toute action. En ce sens, Daouda Diouf, Enda Santé (Sénégal), présentait la cartographie réalisée sur Abidjan. Très détaillée, elle est destinée à diriger les actions vers là où c’est efficace, là où les populations exposées sont. Elle a été réalisée avec un axe évidemment spatial (les lieux) mais aussi temporel (moment de la journée). Où, quand, à quel moment : le but est clairement une aide à la décision pour les autorités de santé afin d'agir au plus près des populations.

Innover !

Cela a été le maître mot du congrès. Sur la PrEP par exemple, il a été question de renforcement de la mobilisation communautaire, de recherche sur de nouveaux modes d’administration, de développement de consultations avancées, d’actions hors les murs ou de délégations de tâches (ex : primo-prescription pour les médecins généralistes).

Le résumé des défis

Docteur Jade Ghosn

Docteur Jade Ghosn

En clôture de ce XVIIIe Congrès, le docteur Jade Ghosn a dressé la liste des défis à venir :

  • Avoir des indicateurs qui montrent plus rapidement les effets des politiques mises en place.
  • Renforcer le dépistage, élément de la cascade pour lequel nous n’avons pas atteint l’objectif du 1er « 90 » fixé par l’ONUSIDA.
  • Avoir une vision commune entre tous les acteur·rice·s : médecins, associations et politique.
  • Avoir un message positif sur la PrEP, faciliter sa mise en œuvre (primo-prescription pour les médecins généralistes, délégation plus large pour les infirmier·ère·s en Cegidd, etc.) afin de ne pas avoir d’occasion manquée de mise sous PrEP.
  • Utiliser les « nouvelles » technologies : SMS, réseaux sociaux, applications, etc.
  • Mettre en place un dispositif de notification aux partenaires.
  • Être très clair sur le TasP et ne pas atténuer sa Réussite via des conditions qui nuisent à la compréhension et l’appropriation du message.