Le Crips à la Conférence AFRAVIH

Du 4 au 7 avril 2018, le Crips était présent à la 9e Conférence AFRAVIH. C'est à Bordeaux qu'a eu lieu cet événement international francophone sur le VIH et les hépatites.

Notre stand

Aux côtés de nombreuses autres associations (Coalition Plus, Sidaction, ELCS, Solidarité Sida, Plateforme ELSA…), le Crips a choisi d'organiser un stand pour cette 9e édition de la Conférence AFRAVIH, mettant en valeur les outils pédagogiques et d'information développés sur le VIH/sida et autres thématiques connectées. A cet effet, un catalogue spécifique a été édité pour l'occasion.

Durant ces trois jours de conférence, des échanges fructueux ont été établis sur le stand, avec des partenaires institutionnels et associatifs et, à la clé, des projets impactants à venir qui vont de l'adaptation d'outils type "Tony jeune gay" à des projets de partenariats plus poussés.

Les axes forts de cette conférence sur la lutte contre le sida

Le nécessaire réinvestissement du politique

Tout au long de la conférence, de l'ouverture au cours de laquelle Alain Juppé annonçait que la ville de Bordeaux rejoignait le réseau international des villes sans sida, jusqu’à la clôture où activistes et personnalités scientifiques ont collectivement demandé l’accueil par la France de la 6e conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ce thème du plaidoyer en direction du politique a irrigué les débats, échanges et prises de position.

Discuter la notion de "fin du sida"

Déjà, de quoi parlons-nous quand on évoque la fin du sida, notion apparue en 2012 lors de la Conférence internationale de Washington ? D'éradication ? Cela paraît en l'état des choses impossible. De contrôle ? Oui. Dans tous les cas, deux conditions sont, au-delà des réalités scientifiques, nécessaires : la volonté politique et le soutien des populations. Pour la première condition, les enjeux sont très concrets. En termes légaux tout d'abord : pour mettre fin au sida, il faut des politiques publiques promotrices des droits des populations clés et du déploiement de la prévention diversifiée et non des lois faisant obstacle à cela. En termes de financements ensuite : si la lutte contre le sida n'est pas financée à hauteur, le contrôle de l'épidémie devient objectivement impossible ; la question de la mobilisation des ressources financières est de fait centrale !

Ce qui est certain, c'est que ce slogan sur la fin du sida, si il est effectivement soumis à nombre de réserves et conditions, n'en reste pas moins particulièrement mobilisateur pour l’ensemble des acteurs concernés.

La démédicalisation de la lutte contre le VIH/sida

Cette notion, portée par Coalition Plus tout au long de la conférence, se définit par une volonté de montée en puissance d'un partage des tâches entre professionnel·le·s de la santé et acteur·rice·s communautaires. Concrètement, c'est vers une délégation élargie de tâches que pousse cette notion. La démédicalisation est considérée - à juste titre - comme un des leviers permettant d’accélérer la riposte au sida.

Le déploiement de la PrEP

Lors de la 8e conférence AFRAVIH en 2016, il avait été lancé l’appel de Bruxelles sur l’accès universel à la PrEP. Et depuis ? Et bien la PrEP reste non-autorisée dans une grande majorité de pays notamment au sud. Et pourtant, aucun doute sur son efficacité, mais son implémentation pose problème. À titre d'exemple, le cas des États-Unis : près de 153.000 personnes seraient sous PrEP… mais ce sont 1,2 million de personnes qui sont éligibles à la PrEP ! En France : 6.000 personnes sous PrEP, 97% des hommes, 38 ans de moyenne d'âge et un travail important à faire en termes de légitimation sociale, de mise à l'échelle et d'implémentation vers de nouveaux publics (femmes, populations migrantes…).

Rendez-vous en 2020 pour la prochaine conférence AFRAVIH…

À Dakar ! Une année importante car c'est la date fixée pour l'atteinte d'une première étape essentielle vers la fin du sida !