Le Crips dénonce la banalisation des méfaits liés à la consommation d'alcool chez les jeunes et propose des solutions de prévention

Depuis plusieurs années, et suite à la parution de trois études menés par Santé publique France entre 2015 et 2017 autour de la consommation d'alcool en France, le Crips dénonce la banalisation des méfaits liés à l'alcool.

L'étude intitulée "ESCAPAD", réalisée auprès de 39 115 jeunes de 17 ans (2017), présente des résultats alarmants sur la consommation d'alcool chez les jeunes.
On note par exemple que 85,7% des adolescents déclarent avoir déjà bu de l'alcool. Parmi ceux-ci, 1 jeune sur 10 déclare en consommer régulièrement (plus de 10 fois par mois), et 44% déclarent une API (alcoolisation ponctuelle importante) au cours du dernier mois.
Les chiffres liés à l'achat doivent particulièrement nous amener à réfléchir. 91% des jeunes ont acheté de l'alcool en magasin lors du dernier mois et 77,5% dans un débit de boisson. 52,7% déclarent ne jamais avoir eu à présenter leur carte d'identité lors de ces achats.

"Il y a urgence à mettre fin au regard parfois trop complaisant sur l'alcool." (Jean Spiri, Président du Crips Ile-de-France)

Face à cet état de fait, le Crips Ile-de-France a identifié des solutions efficaces pour endiguer la surconsommation d'alcool chez les jeunes :
- Repousser au maximum l'âge de 1ère consommation d'alcool en impliquant les parents et en faisant des familles un cocon protecteur plutôt qu'un environnement incitateur.
- Améliorer les contrôles et faire respecter les réglementations en vigueur. Un arsenal législatif (Loi n°2009-879 du 21 juillet 2009 et articles L.3322-9 ; L.3323-1 ; L.3323-2 ; L.3342-1 du Code la santé publique) est déjà en place mais le respect de ces règles est trop relatif.
- Amener à une réelle prise de conscience et développer les compétences psychosociales chez les jeunes. Il ne suffit plus de parler des risques mais d'outiller les jeunes.
- Alerter sur les effets à court terme, les risques neurotoxiques par exemple, pus impactant chez les jeunes que d'évoquer les risques à long terme pour lesquels ils se sentent peu concernés.
- Travailler sur l'hyper accessibilité, seul un mineur sur deux est contrôlé dans les bars et magasins alors que la consommation d'alcool leur est interdite.
- Eviter la dramatisation et la culpabilisation, et faire réfléchir les jeunes eux-mêmes à leurs modes de consommation.
- Leur apprendre à détecter les risques de suralcoolisation et leur donner les outils pour réagir en cas de danger (gestes de premiers secours, appels à l'aide).
- Enfin, travailler sur le marketing, parfois très ciblé envers les jeunes, et très incitatif. Appliquer la réglementation sur la publicité.