L'expérimentation des salles de consommation à moindre risque se concrétise

L'arrêté publié au Journal officiel permet de fixer les modalités concrètes de mise en place.

Trop souvent appelées "salle de shoot", rappelons que le terme salle de consommation à moindre risque est moins stigmatisant et permet d'introduire l'objectif principal de ces structures : réduire les risques liés à l'injection pour les usagers de drogues. Ces salles permettent de plus, une approche pluridisciplinaire de la prise en charge.

L’arrêté du 22 mars 2016 qui valide l’expérimentation de ces salles de consommation à moindre risque publié le 25 mars au Journal Officiel s’accompagne d’un cahier des charges précisant les modalités de réalisation.

Ce document permet d’accompagner la mise en place du dispositif de réduction des risques en précisant le cadre général, les applications et obligations locales ainsi que le protocole d’évaluation.

Cadre national

Les objectifs sont tout d'abord sanitaires (réduire les risques de surdoses et d’infections à VIH et des hépatites virales, aider les usagers à entrer dans un processus de sevrage ou de substitution) mais aussi sociaux (accès aux droits et services, réduire les nuisances dans l’espace public)

La durée de l’expérimentation est fixée à 6 ans et sera mise en œuvre par les CAARUD mais dans un lieu distinct puisque la consommation de produits est interdite dans ces structures. Les personnes accueillies sont les usagers de drogues d'au moins 18 ans les plus vulnérables.

Application locale

L’implantation des salles se fait a proximité des lieux de consommation des usagers.

Les principales prestations sont :

  • la mise à disposition de postes de consommation individuel et de matériel stérile
  • l'accompagnement aux pratiques d’injection
  • les soins médicaux
  • le dépistage des infections VIH VHC VHB
  • l'information et orientation vers la prise en charge sanitaire et sociale, l'accès aux droits
  • la participation au système de veille et d’alerte (informer en cas d’alerte sanitaire et faire remonter au système de veille une information). De plus les SCMR sont intégrées au dispositif d’observation de l’OFDT

Chaque SCMR doit se composer d’un lieu d’accueil, d’un espace de consommation avec des postes d’injection et d’inhalation (nombre définit en fonction de la file active) et être accessible aux personnes à mobilité réduite.

Ces établissements seront ouvert 7 jours sur 7 entre 4 et 7 heures, un règlement définira les conditions d’accès, les modalités d’admission, les règles à respecter et un livret d’accueil sera remis aux usagers.

Après avoir montré le produit qu’il souhaite consommer au personnel (pour éviter les échanges et vente sur place), l’usager pourra effectuer une seule consommation, le personnel peut accompagner mais ne peut pratiquer les gestes d’injection.

La place du partenariat est importante; les CAARUD sont en lien avec le Samu, les services d’urgences de l’hôpital le plus proche, la municipalité, les structures sociales et médico-sociales de proximité, la police et autres forces de sécurité.

Evaluation

L’activité sera évaluée par le CAARUD (file active, produits consommés, temps de passage, évènements indésirables dépistages réalisés, action de médiation sociales réalisées)

Plus généralement, l’expérimentation sera évaluée pour déterminer l’impact des SCMR sur la santé publique et l'ordre public.

Un programme socio-épidémiologique est mené par l’Inserm à partir de critères d’efficacité (réduction des risques de transmission du VHC, VIH et autres infections, l’amélioration de l’accès aux soins, au logement, l’insertion socio-professionnelle). La population de cette étude sera composée de personnes issues d’une ville sans SCMR, de personnes vivant dans une ville avec une SCMR mais non exposées et enfin de ceux qui utilisent une SCMR.

Une deuxième étude portera sur l’acceptabilité sociale de ces dispositifs, (perception des riverains, des professionnels de santé, des institutions et des usagers de drogues). Cette recherche sera menée à Paris.