La première salle de consommation de drogues à moindre risque ouvre à Paris

Après un long débat commencé en 2009, la première salle de consommation à moindre risque ouvre ses portes le vendredi 14 octobre 2016 dans les locaux de l'hôpital de Lariboisière.

En 2016, la France passe à l'expérimentation

Depuis 2009 : le Ministère de la santé (Mesdames les ministres Roselyne Bachelot puis Marisol Touraine) se prononce favorable à l'expérimentation de ces salles, tout comme la ville de Paris ou encore la Haute Autorité de Santé.

L'Académie Nationale de médecine, en revanche, s'est opposée à l'ouverture de SCMR et le Conseil d'Etat demande "au gouvernement d'inscrire dans la loi le principe de ce dispositif pour plus de garantie juridique". En effet il existe une inadéquation entre la loi en vigueur (loi de 70) et les réalités de terrain.

Le sujet est de nouveau mis en avant puisque le projet de loi sur la Santé de Marisol Touraine inclut la définition d'un cadre pour l'expérimentation de salles de consommation à moindre risque (Le projet de loi doit être présenté en conseil des ministres, pour un examen au Parlement début 2015):

2015 : Les débats sur le projet de loi de modernisation du système de santé à l'Assemblée nationale aboutissent à l'adoption de l'article 9 sur l'expérimentation des salles de consommations à moindre risque pour 6 ans :

22 mars 2016 : arrêté fixant qui valide l’expérimentation de ces salles de consommation à moindre risque.

14 octobre 2016 : la première salle de consommation ouvre ses portes dans les locaux de l'hôpital de Lariboisière.
Même si cela n'est qu'une expérimentation qui fera l'objet d'une évaluation en 2022, d'autres structures devraient s'ouvrir en France (Bordeaux et Strasbourg) dans les prochains mois.

Qu'est ce qu'une salle de consommation à moindre risque?

pays ayant ouvert des salle de consommation : Norvège, Suisse, Luxembourg, Allemagne, Espagne.

Pays européens ayant ouvert des SCMR (fond de carte:histgeo.ac-aix-marseille)

Une SCMR est une structure dans laquelle les usagers de drogues par injection (UDI) peuvent consommer de façon plus sûre et plus hygiénique, les drogues qu'ils apportent, sous la supervision de personnel qualifié, qui n'intervient qu'en cas de problème avant ou après l'injection. En plus d'être un lieu d'injection, c'est un lieu d'accueil pour les usagers de drogues où ils peuvent bénéficier d'une écoute, de conseils en matière de prévention (matériel stérile, préservatifs, etc.), de premiers soins médicaux et d'installations sanitaires. Les usagers peuvent également rencontrer des travailleurs sociaux pour une orientation vers d'autres structures d'accueil en vue d'un sevrage par exemple.

Ce dispositif permet donc à une population très marginalisée d'être insérée dans un réseau de prise en charge socio-sanitaire.

Communiqué du Réseau français de réduction des risques  

Les objectifs généraux avancés par l'expertise collective de l'INSERM sont :

  • atteindre des populations marginalisées, n'ayant pas ou peu accès aux services sociaux et de santé
  • répondre à leurs besoins en assurant une injection sûre dans un endroit sûr
  • améliorer la santé des usagers
  • diminuer les nuisances pour la communauté

Pour en savoir plus:

ouvrage/revue

site web

Le site du Réseau français de réduction des risques