Le test rapide ou Trod

Réalisable par des non professionnels de santé spécialement formés et d'utilisation facile dans des lieux variés hors du dispositif médical, les tests rapides permettent de proposer un dépistage du VIH à des populations dans lesquelles le risque d'infection est élevé ou pour lesquelles l'accès au test est limité.

Le déroulement d'un test rapide ou Trod

© Inpes, 2013

Réalisés à l'aide d'un kit de réactifs, les Trod ne nécessitent pas l'emploi d'un équipement de laboratoire et se conservent à température ambiante. D'utilisation facile dans des lieux variés hors du dispositif médical, ils participent à l'élargissement de l'offre de dépistage préconisé par le Plan national de lutte contre le VIH/sida et les IST 2010-2014.

© Inpes, 2013

Les tests rapides détectent les anticorps anti-VIH seuls.
Il faut compter :

  • un délai de trois semaines après la prise de risque (fenêtre sérologique) avant de pouvoir les utiliser,
  • un délai de douze semaines (trois mois) pour assurer avec cette technique un résultat négatif.

Les tests rapides ou Trod (Test rapide d'orientation diagnostique) permettent, avec le simple prélèvement d'une goutte de sang par piqûre au doigt, d'obtenir un résultat dans un délai de 1 à 30 minutes selon les marques.

Le cadre législatif

En France, trois décrets fixent les conditions d'emploi des tests rapides pour le dépistage du VIH.

Conditions générales : Arrêté du 9 novembre 2010

Un test de dépistage rapide du VIH peut être pratiqué chez toute personne, à partir du moment où elle en est informée et où elle y consent.

Il peut alors être réalisé par :

  • tout professionnel pouvant le faire en situation d’urgence (voir Arrêté du 28 mai 2010, plus bas) ;
  • tout professionel de santé (médecin, biologiste médical.e, une sage-femme ou un.e infirmier.e), intervenant dans une structure de prévention ou une structure associative impliquée en matière de prévention sanitaire, sous réserve d’habilitation ;
  • un.e salarié ou bénévole non professionnel.le de santé, intervenant dans une structure de prévention ou une structure associative impliquée en matière de prévention sanitaire, sous réserve d’avoir suivi une formation à l’utilisation des Trod, formation détaillée dans le texte de cet arrêté (voir conditions spécifiques dans l'Arrêté du 1er août 2016, ci-dessous)

Conditions en milieu médico-social ou associatif : Arrêté du 1er août 2016

Dès lors que la personne en est informée et y consent, un test de dépistage rapide du VIH peut être réalisé par toute personne (personnel, salarié.e, bénévole) exerçant ou intervenant dans une structure médico-sociale ou une structure associative impliquée en matière de prévention sanitaire, sous réserve :

  • dans le cas d’une structure médico-sociale, d’avoir suivi une formation à l’utilisation des Trod et de disposer d’une autorisation complémentaire prévue à l’article 3 de l’arrêté,
  • dans le cas d’une structure associative, d’avoir suivi une formation à l’utilisation des Trod et conclu la convention mentionnée dans l’article 4 de l’arrêté.

Conditions en situation d'urgence : Arrêté du 28 mai 2010

Quatre situations d’urgence bien précises sont indiquées par la loi comme justifiant la possibilité de recourir à un Trod.
Il peut être proposé, non imposé :

  • à la "personne source", lors d’un accident d’exposition au sang ;
  • au partenaire, lors d’un accident d’exposition sexuelle ;
  • à une femme en train d’accoucher, si un test de dépistage n’a pas été effectué au cours de la grossesse ou si la femme a été exposée à un risque de transmission du VIH depuis le dernier dépistage ;
  • à toute personne présentant une pathologie aiguë qui évoque un stade sida, c’est-à-dire un stade avancé de l’infection à VIH. Il peut alors être urgent, pour des raisons médicales, de poser ce diagnostic.

Dans ce cadre, un test rapide peut être réalisé par :

  • un médecin exerçant dans un cabinet libéral ;
  • un médecin, un.e biologiste médical.e ou une sage-femme exerçant dans un établissement ou un service de santé ;
  • un.e infirmier.e ou un.e technicien.ne de laboratoire, exerçant dans un établissement ou un service de santé, sous la responsabilité d’un médecin ou d’un biologiste médical.
Evaluation de l'utilisation des Trod en France

Dépistage communautaire du VIH par Trod en France

Dépistage de l'infection par le VIH en France, 2003-2015 / CAZEIN, F in : BEH (Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire), Vol 2016, n° 41-42 29 novembre 2016)

En 2015, la place que tiennent les Trod dans le recours au dépistage augmente légèrement mais dans une moindre mesure par rapport au début de leur mise en œuvre. En revanche, le taux de positivité lié aux Trod est plus élevé (7,7 positifs pour 1 000 tests).

En 2015, environ 62 200 tests rapides ont été réalisés contre 61 600 en 2014, 56 500 en 2013 et 31 700 en 2012.

Réalisé par les associations ou structures habilitées, ce dépistage communautaire est destiné aux publics les plus exposés au VIH.

Ces Trod concernent :
> les HSH (30 % depuis 2013 versus 40 % en 2012) ;
> les migrant.e.s (31 % en 2015 versus 30 % en 2012) ;
> les usager.e.s de drogue (4 % depuis 2014 versus 7 % en 2012) ;
> les travailleur.euse.s du sexe (2 % de 2012 à 2014).

La part des personnes n'appartenant pas à ces publics cibles a augmenté de 2012 à 2014 puis s'est stabilisée en 2015 : 27 % en 2015, 28 % en 2014 versus 21 % en 2012.

En 2015, 27% des personnes ayant bénéficié d'un Trod n'avaient jamais été testées auparavant.

L’opération Flash Test 2013

Semaine expérimentale de dépistage rapide du VIH en direction des populations les plus exposées, l'opération Flash Test 2013 a été organisée dans les quatre régions françaises les plus concernées par l'épidémie (Ile-de-France, PACA, Rhône-Alpes, Guyane). Structures pratiquant le dépistage (CDAG, Ciddist, centres de planning familial, centres hospitaliers) et associations de prévention et de lutte contre le VIH agréées ont proposé un test rapide aux groupes de populations cibles, dans des lieux et à des plages horaires particuliers, avec une majorité d'actions "hors les murs".

> 8 713 personnes ont été testées dont plus de la moitié en Ile-de-France.
> 63 % des participant.e.s n'avaient pas effectué de test dans les deux ans précédant l'opération et 37 % n'avaient jamais eu recours au dépistage.
> Près de 80 % des personnes dépistées séropositives étaient franciliennes.

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