Juillet 1990
QUATRIEME RENCONTRE DU CRIPS
MIGRANTS ET SIDA
MIGRANTS ET SIDAUn groupe spécifique ?
Doit-on considérer les migrants comme un groupe spécifique pour la transmission du VIH ?
Aucune donnée épidémiologique ne permet aujourd'hui de mesurer l'importance du risque-SIDA dans cette population et de la désigner comme particulièrement atteinte. C'est une population très hétérogène, d'âges, d'origines éthnique ou culturelle, de milieux socio-économiques très divers. On y trouve comme dans la population générale des personnes qui ont des comportements à risque pour la transmission du SIDA. Mais on ne peut en aucun cas, selon le Docteur William DAB (Ecole Nationale de Santé Publique), du strict point de vue de la Santé Publique envisager de désigner les migrants comme un groupe spécifique, qui, par sa qualité même de migrant, présenterait un risque quant à la transmission du SIDA.Des conditions de vie difficiles
Quelle qu'en soit la cause (économique, politique... ), la migration se traduit la plupart du temps dans le pays d'accueil par des conditions de vie précaires (logement en foyer et promiscuité, regroupement familial difficile, situation sociale et économique défavorisées). Ce sont, pour François FLEURY et pour Nejib BEN NAOUI (Association des Tunisiens en France) des conditions qu'il faut prendre en compte et étudier pour le rôle éventuel dans la transmission du virus.
SIDA et exclusion
Le Professeur Antoine LAZARUS (Migration Santé) rappelle qu'associer migrant et SIDA présente un risque : celui de stigmatiser la population migrante (les étrangers ont souvent été dans l'histoire des épidémies des boucs émissaires dans la contagion).