Novembre 1990
PREMIER DECEMBRE 1990
Pour la troisième année consécutive, l'OMS initie une Journée mondiale du Sida qui mobilise la plupart des organismes et acteurs sociaux impliqués. Au travers d'un thème particulier, c'est l'occasion pour le grand public de découvrir une réalité de cette épidémie.Cette année, le thème "Femmes et SIDA" met l'accent sur un aspect présent et futuriste de la transmission du virus. En Afrique. la séroprévalence est à peu près équivalente chez les hommes et chez les femmes ; dans les pays occidentaux, l'interprétation abusive de la terminologie épidémiologique de "groupe à risque" a pu laisser croire que ce nouveau mal ne concernait que des minorités définissables par des modes de jouissance atypiques -homosexuels et toxicomanes-, avec quelques innocents laissés pour compte -hémophiles, transfusés-. Le développement de l'épidémie était contenu dans un ordre moral.
Nous avons demandé à deux praticiens engagés -Joëlle BRUNERIE-KAUFFMANN et Roger HENRION- de nous faire part de leurs réflexions pour cette journée mondiale.
L'article de Joëlle BRUNERIE-KAUFMANN situe le SIDA par rapport aux statuts des femmes et à leur mouvement de ces vingt dernières années. Il fait un rapprochement entre la prise en charge de la contraception par les femmes, jusqu'à la pilule, et leur rôle dans la prévention, notamment par rapport à l'usage du préservatif masculin.
Roger HENRION, auteur du livre "Femmes et SIDA"*, a été l'un des premiers à suivre des femmes séropositives pendant leur grossesse. Il témoigne de la prise en charge francilienne des premières femmes touchées par le VIH. Cette réalité clinique met en évidence l'augmentation de la contamination par voie sexuelle. Les femmes décrites par Roger HENRION sont les premières à arriver dans l'épidémie. Le profil qui peut en être fait, loin de marquer une frontière et un nouveau groupe à risque, indique l'infiltration du virus dans de nouvelles couches de la population.
Pour le premier décembre, le CRIPS a recensé la plupart des manifestations qui ont lieu en Ile-de-France et se tient à votre disposition pour vous renseigner.
Au-delà de la Journée Mondiale, en Ile-de-France, des associations de terrain proposent aux femmes des services spécifiques :
-centres d'accueil et de prise en charge spécialisés (Horizons, Pierre Nicole, Sida Accueil Femmes Enfants)
-groupes de paroles pour les femmes séropositives (Aides, Différence positif)
De nombreux projets sont à l'étude ou en cours de mise en place. Ils s'adressent aux enfants et à leur mère (Dessine moi un mouton ; Solidarité-Enfants-SIDA, etc. ).