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Mai 1991

ACTIONS DE TERRAIN EN DIRECTION DES JEUNES

      

Une expérience en milieu scolaire intégrée à une activité de prévention spécialisée "T.V.A.S. 17ème*"
par M. Aubry et D. Descelliers

De son expérience de rue et de ses contacts avec les jeunes, l'équipe a acquis l'habitude d'une parole et d'échanges sur leurs problèmes et préoccupations, en particulier le corps, la vie amoureuse, la sexualité, la contraception, l'l.V.G.

Depuis trois ans, l'apparition de cas de séropositivité sur notre quartier, ou simplement les questions y ayant trait ont naturellement déclenché un réflexe professionnel de réponses. Nous nous sommes formés et avons réfléchi à notre place dans une stratégie globale de prévention sur cette question.

En décembre 1988, l'équipe pédagogique du lycée Balzac (Paris, 17ème) nous sollicite pour monter en partenariat un Projet d'Action Educative (P.A.E.) "prévention SlDA**" auprès des dix classes de première pendant l'année scolaire 1989/90. Le lycée mise sur la proximité de notre terrain d'intervention, notre expérience et notre savoir faire dans la relation avec des adolescents et des jeunes adultes.

Nous définissons un certain nombre d'objectifs : favoriser un dialogue sur la sexualité, les notions d'amour, de plaisir et de risque ; établir des liens entre sexualité-M.S.T-SIDA et problématique personnelle d'avenir ; informer sur le virus, la séropositivité et la maladie ; concourir à la prévention des risques de transmission du V.I.H., sexualité à risques, toxicomanie ; faire en sorte que les jeunes deviennent acteurs de prévention pour eux-mêmes et leur entourage.

Notre stratégie vise à impliquer les élèves en tant qu'acteurs dans les différentes phases du projet, en favorisant une parole sur la sexualité et le SIDA et en mettant à leur disposition les moyens de réaliser des productions originales.
Cette intervention repose sur cinq étapes : une étape de présentation du projet et de concertation ; des ateliers d'information ; des ateliers de production ; une journée événementielle comportant la présentation des productions des élèves, des discussions, une conférence ; un dispositif d'évaluation en relation avec le CRIPS et I'INSERM U 88.

Il se dégage de cette expérience les constats suivants:

- le niveau de connaissances des élèves sur les divers aspects de la maladie est bon dès le départ et n'augmente pas notablement, ce n'est pas ici un objectif prioritaire.

- le travail d'équipe en milieu lycéen se heurte à des difficultés pratiques et à des obstacles institutionnels. En particulier, les enseignants n'adhèrent à la démarche que lorsque des modalités concrètes sont proposées.

- les ateliers à caractère créatif et ludique semblent toujours une médiation motivante pour un petit groupe d'élèves. La production d'un débat théâtralisé, d'un sondage vidéo, d'un atelier d'écriture automatique sont autant d'invitations efficaces à la réflexion, permettant à la majorité des élèves peu actifs de tirer parti, chacun à leur manière, de ces productions collectives.

- la rencontre avec des médecins et des personnes séropositives, souhaitée par les élèves, orientent des sentiments de rejet ou de méfiance vers une attitude de solidarité.

A partir de cette expérience, en 1990-91 dans un lycée professionnel auprès de quatre classes, nous donnons plus encore la priorité à la créativité et à la production avant l'apport de connaissances. L'intérêt sera d'autant plus fort que l'investissement créatif produira un désir de recherche.


*Equipe de prévention spécialisée de rue du 17ème arrondissement de Paris
l2 rue Dulong-75Ol7Pans- 47 63 65 18
**Le rapport d'évaluation du PAE 89-90 est consultable à la documentation du CRIPS

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