par William DabL’évaluation des actions est un souci pour tous les acteurs de la prévention. Le CRIPS leur propose des rencontres d’épidémiologistes pour les aider dans leur recherche d’instruments d’évaluation.
En l’absence de vaccin et de véritable thérapeutique, l’information est la seule arme pour lutter contre l’épidémie d’infection à VIH. Comme tout outil de santé publique, l’action d’informer doit être mise en oeuvre à bon escient. Définir un contenu, des supports, un public, des objectifs pertinents tout cela ne s’improvise pas et doit découler d’une méthode et d’une stratégie rigoureuses.
L’évaluation fait partie de toute action de santé publique. C’est une démarche de recherche qui vise à mesurer le degré d’atteinte des objectifs fixés.
Nécessaire pour permettre l’amélioration de l’efficacité de la lutte contre le SIDA, l’évaluation est encore mal maîtrisée pour plusieurs raisons :
Peu d’équipes ont une réelle expérience méthodologique et pratique de l’évaluation.
Peu d’actions de santé publique comportent des objectifs explicites et mesurables.
Peu d’acteurs sont prêts à accepter toutes les implications et remises en cause induites par l’évaluation.Dans le débat sur la santé, les opinions et les jugements de valeurs l’emportent souvent sur les arguments découlant d’une analyse des faits et des chiffres. Dès lors, le besoin d’une évaluation est ressenti faiblement.
L’évaluation est faisable
Les premiers travaux réalisés ont déjà permis d’apprendre beaucoup de choses telles que :
l’existence de fausses croyances persistantes sur les modes de transmission, le rôle de l’information pour favoriser les attitudes tolérantes, l’importance de l’autoperception du risque pour la modification des comportements dans un sens favorable à la santé, l’efficacité des enseignants comme informateurs sanitaires...L’évaluation est difficile
Les questionnaires, en apparence si faciles à réaliser, nécessitent un gros travail de mise au point pour être valides ; la nécessité d’un groupe témoin se heurte à des obstacles éthiques et pratiques ; l’analyse statistique et l’interprétation des résultats demandent compétences et expérience.L’évaluation est indispensable
Ses résultats peuvent servir à assainir un débat qui n’a que trop été pollué par des prises de positions idéologiques. Elle peut aussi permettre de convaincre des partenaires que dans un domaine sensible mêlant la sexualité et la mort, les initiateurs d’une action ont la volonté d’être prudents et de s’interroger sur le sens de l’action entreprise. Elle constitue aussi une véritable mémoire de l’action, précieuse pour accumuler une expertise et la généraliser.C’est pourquoi le CRIPS s’attache à recenser toutes les expériences d’évaluation, à se procurer leurs résultats, à constituer une banque de questionnaires, à repérer les équipes de recherche ayant une expérience dans ce domaine et prêtes à collaborer avec des équipes de terrain.
...De l’anonymat dans les centres de dépistage anonyme et gratuit du vih