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Février 1993

DOUZIEME RENCONTRE DU CRIPS
Les infirmières face au risque de transmission du VIH : résistances, enjeux et pratiques

Informer et former

A la suite de son accident, Nathalie Truchet pose le problème de l'information et de la formation des équipes soignantes.
"J'ai recapuchonné, c'était le geste que je faisais systématiquement même si au mur il y avait une pancarte qui indiquait de ne jamais recapuchonner. Cette pancarte était arrivée là sans explication : alors pourquoi recapuchonner, pourquoi ne pas recapuchonner ?"

Dominique Abiteboul indique qu'effectivement et malheureusement on ne peut assurer de formation pour l'ensemble des infirmières d'un centre hospitalier. Il y a donc pour un petit groupe une véritable session de formation et pour les autres une affiche, une simple information.

Or, dit France Lert, on obtient généralement une bien meilleure application des mesures de protection après une formation qu'après une information car elle offre la possibilité de discuter en profondeur les enjeux de la protection.

Le rôle de la surveillante

De l'avis général, les surveillantes des services hospitaliers ont une mission essentielle dans ce domaine. Il est de leur responsabilité d'assurer l'information et la formation continue de leur équipe et de discuter au quotidien avec les infirmières de l'application des mesures de prévention. Cependant, dans les témoignages, les surveillantes marquent une certaine lassitude à ne pas obtenir de résultats et à répéter sans cesse les mêmes consignes.

Il faut effectivement répéter les règles de prévention car les personnes changent fréquemment d'équipe et de service, explique France Lert.

Des expériences originales12

Des formations se sont mises en place au sein des établissements à l'initiative de quelques infirmières.

Marie-Claude Delamare (infirmière, Hôpital Bichat), par exemple, mène une sensibilisation auprès de ses collègues. Elle se déplace dans les services pour faire partager son expérience auprès de patients séropositifs, expliquer les précautions, la gestion du risque. Son but est de "créer une dynamique, afin que s'instaure au sein de l'équipe soignante dans chaque service, un dialogue pour réfléchir à la prévention."

Dominique Abiteboul souligne l'intérêt de cet effet de proximité, la valeur pédagogique de l'expérience de ceux qui se sont piqués et des groupes de parole qui se sont créés dans certains hôpitaux.

Les comités de lutte contre l'infection nosocomiale (CLIN)

De manière plus institutionnelle, des programmes complets de formation peuvent être entrepris dans chaque hôpital.

Elisabeth Bouvet souhaite que chaque centre hospitalier organise sa propre formation sur le travail en sécurité. Elle indique que pour se faire, on peut s'appuyer sur les clin présents dans chaque établissement.
Elle donne comme exemple l'hôpital Bichat où elle travaille. Au sein du clin, un groupe de travail sur le vih s'est créé. Il étudie les matériels, élabore les formations et intervient directement auprès de l'administration hospitalière pour le choix du matériel de sécurité et l'organisation de la formation.
Quinze sessions de formation sur un an et demi sont ainsi prévues en 1993 à Bichat.

"Le clin représente l'une des structures sur lesquelles on peut s'appuyer pour faire avancer les choses en matière de prévention du risque professionnel" conclut Elisabeth Bouvet.


12 - Présentation des réalisations
Journées d'échanges sur la prévention des risques d'exposition au sang, 22 janvier 1993, Ministère de la Santé et de l'Action Humanitaire - Mission sida.

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