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Mars 1994

QUINZIEME RENCONTRE DU CRIPS

L'évolution de la tuberculose associée au VIH impose-t-elle de nouvelles mesures de Santé Publique ?

Depuis les années 50, dans les pays développés, grâce à l'amélioration des conditions de vie et à l'efficacité des traitements anti-tuberculeux, l'incidence de la tuberculose diminuait régulièrement.
A partir de 1985 aux Etats-Unis et de 1990 en France, on observe une recrudescence de la tuberculose en partie liée à l'infection à VIH.
Elle se traduit par une incidence élevée de tuberculose chez les personnes séropositives pour le VIH ou dans certains groupes de population (marginaux, usagers de drogues, prisonniers...), par une recrudescence de souches multirésistantes aux principaux traitements disponibles, par des épidémies potentielles à transmission nosocomiale.
Ce phénomène, qui a fait l'objet de nombreuses concertations d'experts et de publications scientifiques, a aussi été largement médiatisé par la presse grand public.
Aux Etats-Unis, la situation, particulièrement alarmante, a donné lieu à des mesures de Santé Publique strictes.

Quelle est l'ampleur effective du phénomène en France ?
Autorités sanitaires et spécialistes étaient réunis, pour la quinzième rencontre* du CRIPS afin de faire le point sur la situation française et les mesures adoptées ou envisagées.
Colette moyse, médecin inspecteur de santé publique, responsable du Bureau des maladies transmissibles à la Direction Générale de la Santé, a présenté les données épidémiologiques disponibles et les axes principaux de la politique de lutte contre la tuberculose définie par la Direction Générale de la Santé et le groupe de travail "tuberculose" du Conseil supérieur d'hygiène publique de France.
Christian PERRONNE, praticien hospitalier à l'hôpital Bichat-Claude Bernard, a fait le point sur les perspectives préventives et thérapeutiques actuelles.
Elisabeth BOUVET, praticien hospitalier à l'hôpital Bichat-Claude Bernard, a rappelé les mesures de prévention préconisées en France, en particulier dans les lieux de soins.
Jean-Claude DESENCLOS, médecin épidémiologiste au Réseau National de Santé Publique, a évoqué les facteurs de risque pour la multirésistance et les perspectives pour sa prévention.

Le débat, animé par Jean-Pol DURAND, rédacteur en chef d'Impact Médecin quotidien, a aussi porté sur les divers problèmes sociaux soulevés par la recrudescence de la tuberculose (accès aux soins, prise en charge en milieu pénitentiaire, couverture vaccinale...)1.


* le 8 juillet 1992
les rencontres du CRIPS sont organisées avec le soutien de la Direction Générale de la Santé

1 - Parmi les participants :
AIDES, AP- HP, Centre Européen de surveillance épidémiologique du sida, Centre International de l'Enfance, GERES, INRS, Intitut Pasteur, Mairie de Paris, Médecins du Monde, ORS Ile-de-France, et des praticiens hospitaliers (hôpital Bichat, Cochin, Hôtel-Dieu, Tenon, hôpital pénitentiaire des prisons de Fresnes...), etc.