Juillet 1995
DIX HUITIEME RENCONTRE DU CRIPS
Eliminer les déchets contaminés : comment s'organiser ?
Les déchets d'activité de soins à risques
Quelques chiffres en Ile-de-France
On distingue deux types de producteurs de déchets
d'activités de soins à risque.
Les grands producteurs (centres hospitaliers, cliniques, maisons
de retraite médicalisées) représentent environ
700 établissements dans la région ; s'y ajoutent 900
laboratoires d'analyses médicales. Leur production de
déchets à risques est estimée globalement
à 35 000 tonnes par an.
Une production plus diffuse provient des médecins,
infirmiers, ou dentistes libéraux, des centres de
santé, des services de soins ou d'hospitalisation à
domicile... soit 40 000 à 50 000 professionnels de
santé dispersés qui produisent entre 1 000 et 1 500
tonnes de déchets à risques par an.
Quel risque pour la santé ?
On rappellera que le risque existe au moment des soins pour les
professsionnels de santé, puis pour les personnels de collecte
des déchets.
La classification du risque biologique définit quatre
classes de micro-organismes en fonction de leur effet
pathogène, de leur transmissibilité, de l'existence ou non de prophylaxie ou de traitement :
- la classe I concerne les micro-organismes non pathogènes ;
- la classe II, les micro-organismes pathogènes, peu transmissibles et pour lesquels existent une prophylaxie et un traitement (la grippe, l'hépatite A, la mononucléose, la toxoplasmose) ;
- la classe III, les micro-organismes pathogènes dont la
transmissibilité est importante mais pour lesquels existent
une prophylaxie et un traitement (la rage, la peste, le sida*, les
hépatites B et C) ;
*Le VIH, compte tenu de son faible taux de transmission, figure
actuellement dans la classe III.
- la classe IV, les micro-organismes pathogènes dont la transmissibilité est importante et pour lesquels n'existent ni prophylaxie ni traitement (Ebola, variole...).
Charles Saout (DRASS d'Ile-de-France) remarque qu'il existe peu
d'études sur l'évaluation du risque de contamination
par les déchets contaminés.
Florence Lot (Réseau National de Santé Publique)
précise que deux cas de séroconversion pour le VIH,
présumées, ont été rapportées
récemment chez un éboueur et chez un chauffeur de
collecte de déchets.
Ces cas ont été notifiés dans le cadre du
système de surveillance des accidents professionnels par les
médecins du travail hospitaliers.
Il n'existe cependant pas de surveillance spécifique des
accidents liés à la manipulation des déchets.