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décembre 1996

Vingt-sixième rencontre du CRIPS
Prévention du VIH auprès des migrants

L'approche préventive de Sid'Afrique

Clément DABLE, fondateur de l'association Sid'Afrique

 

Nous travaillons essentiellement dans les foyers ADEF (Association pour le Développement des Foyers) à Paris et en Ile-de-France dans les milieux africains. Nous menons une expérience un peu particulière par rapport aux occupants de ces foyers dont les 3/4 sont d'origine malienne, sénégalaise ou provenant de l'Afrique de l'Ouest. Ils viennent principalement des villages et je connais bien leur culture étant moi-même originaire de la Côte d'Ivoire. Je pense que tous les efforts qui ont été faits ne sont pas efficaces parce que les plaquettes d'information sont en Français. Donc il faut qu'il y ait une autre approche technique auprès des villageois.

Nous les approchons de deux manières. Quelquefois nous allons chez eux tard le soir pour pouvoir les convaincre car certains ne font plus confiance aux Européens compte tenu d'un certain nombre de considérations. On se rend compte que la prostitution est présente dans les foyers où ces hommes sont souvent seuls, ayant laissé leur femme au pays depuis deux ou trois ans.

Nous travaillons avec deux types d'outils : des films vidéo africains que nous projetons lors de nos conférences, et des affiches. Certaines posent problème aux musulmans si on voit un couple qui s'embrasse par exemple, et il faut tenir compte de ces considérations.

Nous incitons au port du préservatif et nous remercions la DGS qui nous a aidé à faire un travail considérable. Il est très difficile d'aborder les musulmans en leur disant de mettre le préservatif. Nous leur indiquons que c'est un moyen de prévention pour protéger sa femme, son amie... Il y a toute une culture à respecter. Dans les villages les gens sont moins informés, donc nous faisons de l'information, de la prévention et de la sensibilisation. Après une première séance de sensibilisation, nous repassons le lendemain et là ils prennent les préservatifs.

Nous constatons aussi que les gens qui sont en situation irrégulière ont peur d'aller dans les hôpitaux et viennent dans notre association pour nous exposer leurs problèmes. Les personnes malades ont peur d'aller dans les hôpitaux, ou bien elles interrompent les rendez-vous. Donc il y a un problème d'incitation, de motivation et de civilisation. Le milieu essentiellement noir a des problèmes de communication et nous faisons souvent le lien entre ces personnes et l'hôpital.

Notre association est jeune et a peu d'expérience mais la petite expérience que nous avons se situe par rapport aux foyers, aux situations irrégulières, et aux approches culturelles.