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décembre 1996

Vingtième rencontre du CRIPS

 

Travailler dans un centre de dépistage anonyme et gratuit (CDAG)

 

Conçu, dans le dispositif français de lutte contre le sida, comme un outil majeur de santé publique, le dépistage du VIH a un objectif double : identifier les personnes séropositives afin de proposer une prise en charge précoce, et délivrer à l'occasion du test un conseil personnalisé pour l'adoption de comportements de prévention. Cette stratégie privilégie le dépistage volontaire.

Dans ce contexte, le dispositif des CDAG constitue un élément original dont la vingtième rencontre du CRIPS* se proposait d'analyser le rôle et les spécificités dans les domaines de la prévention et de la prise en charge précoce.

Après un bref rappel, par André HOUETTE (EMIPS CDAG Ridder), du cadre réglementaire qui fonde les missions et le fonctionnement des CDAG et une analyse, par Michel SETBON (CNRS), de la place et des fonctions effectives de ces centres dans la politique française de Santé Publique, les exposés étaient consacrés aux pratiques de dépistage dans les CDAG franciliens.

France LERT (INSERM U88), Béatrice TRAN et Nathalie PINEAU (CRIPS Ile-de-France) présentaient une étude sur les modalités de fonctionnement des CDAG d'Ile-de-France et sur les pratiques et ressentis des professionnels de ces centres.

Marie-José COUTEAU (CNRS IRESCO) rappelait les résultats d'une enquête auprès des consultants des CDAG sur les motivations de leur recours au test et sur leur perception du parcours au sein du CDAG.

Ces travaux ont permis de décrire comment s'articulent, dans les faits, les missions attribuées aux CDAG par les textes officiels, les pratiques et les motivations des professionnels, ainsi que les attentes des consultants.

Le débat, animé par Alfred SPIRA (INSERM ACSF), était également l'occasion de confronter les expériences et les réflexions de chacun aux nouveaux enjeux de la prévention et de la prise en charge.

 

Conclusion

Pour Michel Setbon, il s'agit aujourd'hui de déterminer les améliorations et les développements nécessaires pour inscrire le dépistage en CDAG, au sein des possibilités diversifiées d'accès au dépistage volontaire en France, comme un modèle et une référence en matière de test VIH de prévention-conseil.

France Lert s'interroge également sur la place des CDAG dans la prise en charge et la prévention des autres MST et des hépatites :
Est-il pertinent de limiter les fonctions des CDAG au seul dépistage du VIH ?
N'est-ce-pas au contraire un lieu qui, par sa vocation d'ouverture à un large public, devrait donner accès à une information et à un dépistage des maladies associées aux mêmes risques ?

Au-delà de la prévention et compte-tenu de l'évolution des thérapeutiques, comment les CDAG peuvent-ils agir pour favoriser l'accès des populations particulièrement exposées à un diagnostic et à une prise en charge précoces

Vient de paraître


* 11 mai 1995
Les rencontres du CRIPS sont organisées avec le soutien de la Direction Régionale des affaires Sanitaires et Sociales d'Ile-de-France

Ont collaboré à ce numéro :
Didier Jayle - Antonio Ugidos - Claudine Vallauri