décembre 1996
Martine Guinard, conseiller technique du Recteur
Jacqueline Beslot, professeur de philosophie au lycée
des Glières
Annemasse est une ville frontalière de 30 000 habitants près de Genève. La population y est très hétérogène, des guides de montagne aux fonctionnaires internationaux, et les campagnes d’information doivent tenir compte de cette diversité. L’académie n’en est pas moins très active en matière de prévention, stimulée également par la politique suisse dans ce domaine.
Nous avons par ailleurs constaté une véritable lassitude des jeunes à entendre parler de sexualité en termes de risques, de protection, de maladie, etc. Il nous a donc semblé utile d’élargir nos horizons en mettant en place un véritable travail d’éducation à la sexualité. Une équipe de personnes-relais, qui collaborait de longue date avec Genève pour la prévention de la toxicomanie, fut élargie et solidifiée, notamment en ayant moins recours au bénévolat. Le projet fut conçu afin de mettre en place une éducation à la sexualité, intégrée à l’enseignement tout au long du cursus, dans laquelle la prévention du sida trouverait sa place.
Avec l’aide d’un chercheur en sexologie et sociologie, nous avons élaboré un programme d’enseignement, où sont représentées les différentes phases de la sexualité. Les étapes correspondent à différents thèmes, et l’intervenant dispose de matériel pédagogique pour accompagner son propos.
À la fin de chaque séance, les élèves procèdent à une évaluation du cours, en fonction de quatre critères :
- intérêt général du cours
- apport et enrichissement personnel
- appréciation des techniques pédagogiques
- questions restées en suspens.La note moyenne donnée par les élèves des classes de seconde (sur qui a porté cette évaluation) à l’intérêt général du cours est de 7,5 sur dix. Ils ont particulièrement apprécié que ce soit la personne humaine qui soit étudiée au cours de sa sexualité, et non pas seulement la personne biologique traditionnellement présentée par les professeurs. Ils ont également bien accueilli le matériel pédagogique (le plus souvent des tableaux projetées au mur, permettant de resituer des problèmes dans leur contexte et par thèmes), qui les aidait à repérer ce qui est de l’ordre de l’affect, du social, de la morale ou de la biologie…
Si nous avons su susciter en eux la richesse de l’interrogation, nos interventions s’apparentaient encore trop à des cours, et les formulations venaient souvent de nous. C’est pourquoi nous nous orientons vers des stages sous forme de jeux de rôles et de débats théâtralisés, dans un esprit de partenariat et d’interactivité avec les élèves. Il s’agit bien de montrer en définitive que les jeunes sont les mieux placés pour trouver dans ce que nous leur apportons les réponses aux problèmes qu’ils ont.