décembre 1996
France Lert, INSERM U88, CRIPS Ile-de-France
Le projet d’installer des DAP dans les lycées est soutenu par le Conseil régional d’Ile-de-France depuis 1992. Il s’agissait alors de contribuer à rehausser l’image du préservatif, délaissé comme contraception au profit de la pilule, et difficile à acheter en dehors des sex-shop et des pharmacies. Rappelons également que sa publicité fut interdite jusqu'en 1987, et jusqu'en 1991 comme contraception…
L’étude menée par le CRIPS et l’INSERM en 1995 a conduit à l’élaboration d’un questionnaire envoyé à 464 lycées. 302 ont répondu. Presque tous les établissements qui avaient déjà discuté d’une installation (291) y avaient eu recours (274) au moment du questionnaire. Dans la moitié des lycées équipés, ce sont les élèves qui ont choisi le lieu d’installation. Les toilettes (20%), le hall du lycée (15%) et l’infirmerie (38%) sont les lieux les plus courants. Paradoxalement, il faut que le DAP soit visible, pour banaliser le préservatif et inciter à y avoir recours, mais discret, pour l’approvisionnement.
Les appareils sont pour la plupart respectés (90% fonctionnent toujours au bout d’un an), plus que les autres distributeurs automatiques. 13% des lycées envisagent tout de même de le supprimer, 11% de le changer de place.
Près de quatre personnes sur dix pensent que le DAP a contribué à alimenter une dynamique préventive. Même si cela reste un lieu de distribution secondaire, réservé aux "urgences", les élèves voient dans cette démarche une implication des adultes et du lycée en leur faveur, qui les responsabilise. Seul le coût trop élevé des boîtes est systématiquement déploré.
Cette enquête est donc venue accréditer l'offre du Conseil régional, confirmant la demande et attestant que les jeunes sont prêts à intégrer des réflexes de réduction des risques. En outre, le distributeur, par son installation et sa présence, incite déjà au débat et à la prudence, rappelant en un coup d’œil qu’il faut se protéger. Mais en revanche, il faut rappeler que l’achat ne signifie pas toujours l’utilisation, et qu’il ne suffit pas d’y penser pour y avoir recours… Pour être totalement efficace, l’installation du DAP doit donc se faire au sein d’une plus vaste campagne d’information et de prévention, impliquant des partenaires sociaux au sein même de l’établissement.