sommaire40

décembre 1996

Vingt-cinquième rencontre du CRIPS
La prévention du sida auprès des jeunes en milieu scolaire

 

Évaluation des modes d’intervention du CRIPS : quelques propositions

Dana Rudelic-Fernandez, chercheur au CRIPS Ile-de-France

 

L’évaluation des actions du CRIPS sont effectuées chaque année depuis trois ans. Deux portent sur la faisabilité du programme, et sont supervisées par France Lert ; la troisième compare les interventions de type "classique" (intervention-débat) et celles qui font appel au débat théâtralisé.

L’évaluation menée en 1995-96, sorte de "clinique de la prévention", s’est attachée à définir de manière qualitative la relation entre le groupe d’élèves et l’intervenant. 200 élèves ont été interviewés, répartis dans 16 lycées et CFA.

Une partie de l’étude portait sur le cadre scolaire de l’intervention. De nombreux élèves se sont avérés mitigés, jugeant que l’établissement n’était pas le lieu idéal pour aborder des problèmes de sexualité, notamment dans les CFA. Sans doute faudrait-il envisager à cet égard de faire plus porter la prévention sur l’aspect professionnel de leur formation.

La situation de groupe semble également gêner certains élèves. Tout d’abord parce qu’elle va à l’encontre de discussions intimes, mais ensuite parce qu’elle s’apparente trop à un cours, et permet difficilement aux jeunes de s’exprimer autrement qu’en tant qu’élèves. Il est donc important de travailler avec des groupes les plus petits et les plus homogènes possibles (même âge, même orientation, même sexe, etc…). Il faut également intervenir dans des salles appropriées, équipées pour la diffusion de documents audiovisuels, et qui ne soient si possible pas des salles de cours (CDI par exemple). Les visites d’hôpitaux sont à cet égard sans doute un élément intéressant, puisqu’elles permettent d’assurer l’information et le débat en dehors du contexte scolaire.

Enfin, il faut signaler que l’annonce à l’avance d’une séance de prévention a plus tendance à réveiller les préjugés qu’à préparer au débat. Si une implication à long terme des professeurs et des personnes-relais est nécessaire pour assurer un succès à l’opération, elle ne doit pas gommer la spontanéité des jeunes, qui seuls peuvent nous aider à identifier et résoudre les problèmes qu’ils rencontrent.

intervention suivante