décembre 1996
C’est dans cette optique que le CRIPS a voulu être un lieu "facilitateur" de la prévention, un centre-ressource qui injecte et soutient une dynamique, une réflexion sur les enjeux, les progrès et les résistances de la prévention.
Dix objectifs furent fixés, qui répondent tous à la double exigence de faciliter l’expression, et d’accompagner la réflexion
- créer une relation privilégiée et permanente avec le monde de l’enseignement ;
- organiser des séminaires, sur l’actualité scientifique pour les chercheurs, sur les techniques d’animation pour les intervenants ;
- créer un pôle de recherche pour une meilleure articulation entre les enquêtes, les évaluations, et les actions de terrain ;
- organiser des projets créatifs qui puissent servir de lieux d’expression, de vecteurs d’informations, et de supports aux intervenants ;
- stimuler les nouvelles formes d’intervention, comme le débat théâtralisé ;
- former des équipes-relais entre les établissements et les institutions (enseignement ou santé) ;
- offrir aux enseignants des outils pour qu’ils puissent intégrer la prévention à leurs disciplines ;
- mettre à disposition dans les établissements des dossiers complets et accessibles sur le sida ;
- conseiller les lycées qui veulent s’équiper de distributeurs de préservatifs ;
- éditer un journal de liaison entre tous les intervenants.
La 25e Rencontre du CRIPS dresse un premier bilan global du gigantesque travail de prévention effectué autour de ces objectifs pendant quatre ans.
Le projet "3000 scénarios contre un virus", réalisé en partenariat avec Médecins du Monde et l'AESSA (Association des Enseignants Sida de Saint- Antoine) et supervisé par Antonio Ugidos, symbolise au mieux l’orientation prise par le CRIPS. La forme même d’un concours, qui provoque débats et recherches personnelles, et favorise l’émulation des participants, s’inscrit dans la volonté de faire des jeunes les vecteurs actifs de la prévention. Par ailleurs, le support film devait permettre, outre son rôle attractif - de nombreux participants voulaient avant tout saisir l’occasion de réaliser un court-métrage - de travailler sur les représentations de la maladie. Les jeunes qui ont fait le concours ont dû s’informer et s’approprier des connaissances, pour les intégrer aux situations concrètes qu’ils voulaient mettre en scène.
Ce sont donc les jeunes, destinataires du message, qui en ont élaboré le contenu et la forme : 31 films, diffusés plus de 2000 fois sur les chaînes de télévision française, puis même traduits en plusieurs langues, pour être retransmis sur les chaînes européennes. Chaque film se veut à la fois créatif et émouvant, cherchant plus à sensibiliser qu’à convaincre, à faire réfléchir sur le sida plutôt qu’à convertir à la capote. A l’instar du concours d’affiches, les "3000 scénarios" ont montré que l’expression artistique était à même d’informer "de l’intérieur" des jeunes qui souvent se cherchent encore, plus créatifs que prompts à l’écoute.