sommaire40

décembre 1996

Vingt-cinquième rencontre du CRIPS
La prévention du sida auprès des jeunes en milieu scolaire

 

Questions du public

 

Qu’en est-il des risques liés aux pratiques de sodomie chez les jeunes ?

Nicole Athéa : Cette question soulève le problème d’une échelle des pratiques et des risques. En mettant toutes les pratiques sur le même plan, dans nos campagnes d’information, nous risquons d’induire des comportements à risque.

Cependant, c’est bien sûr une pratique qui a sa place dans la sexualité, et qui doit être abordée clairement. Il n’est pas rare en effet de rencontrer des jeunes filles qui y ont recours, pour préserver leur virginité par exemple, et qui pensent que ce n’est pas une pratique contaminante quand elle est hétérosexuelle.

 

Est-ce que l’on dispose de chiffres concernant les jeunes toxicomanes d’origine étrangère, et la prévalence du sida dans ces populations ?

Jean Baptiste Brunet : Les jeunes ne forment effectivement pas une catégorie sociale unique. Mais les étrangers ne forment pas non plus une catégorie sociale parmi les jeunes. Il n’existe donc pas une épidémiologie spécifique de "l’étranger".

Certains auteurs évoquent la toxicophilie de groupes ethniques, d’autres voient dans la toxicomanie un processus d’intégration.

Jean-François Solal : Il est évident que ce qui touche les populations précaires, c’est la toxicomanie forte, et non l’usage récréatif qui n’interdit pas l’insertion. Or cette toxicomanie a plutôt tendance à défaire le lien social, et ne propose guère qu’une insertion pour le moins parallèle : le trafic de drogue. Si l’on considère que les personnes que cette désinsertion menace le plus sont les gens les plus touchés par la misère, et que les gens les plus touchés par la misère sont les minorités ethniques, alors en effet les étrangers sont particulièrement touchés par les problèmes de toxicomanie. Mais cela reste, en premier lieu, un problème de précarité.

Dana Rudelic-Fernandez : Par contre, il est évident que les campagnes d’information doivent être adaptées aux publics qu’elles visent, et donc tenir compte des catégories sociales, des croyances, des origines... Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille regrouper les jeunes par catégories, mais plutôt que nous devons sans cesse diversifier et adapter nos messages d’information et nos méthodes de prévention.

retour