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décembre 1996

Vingt-cinquième rencontre du CRIPS
La prévention du sida auprès des jeunes en milieu scolaire

 

Quels risques spécifiques pour les jeunes l’épidémiologie peut-elle désigner aujourd’hui ?

Jean-Baptiste Brunet, directeur du centre européen pour la surveillance épidémiologique du sida

 

Les données dont nous disposons sur l'épidémiologie du sida montrent que, en particulier chez les jeunes, le facteur de risque majeur reste la toxicomanie, soit de l’individu, soit d'un partenaire toxicomane.

C'est chez les moins de 25 ans que la prévention a eu le plus de succès. Depuis 1989, l'âge moyen des personnes séropositives identifiées est passé de 29 ans à 33 ans en 1995. La diminution du nombre de séropositivités observées est particulièrement sensible chez les moins de 25 ans. L'activité de dépistage a de plus considérablement augmenté, en particulier chez les jeunes, et avec deux fois plus de tests réalisés aujourd’hui, deux fois moins sont séropositifs.

L’épidémiologie confirme d’autre part la nécessité d’engager la prévention sur le long terme, parce que c'est une maladie à évolution très longue, plus encore avec l’arrivée de nouveaux traitements. Or, plus les gens vivent longtemps, plus ils sont susceptibles d'être contaminants longtemps. Il faut également souligner le fait que, si les jeunes sont bien réceptifs à la prévention, ils ne sont pas encore à l’âge où le risque d’exposition est fort, qui se situe vers 30-35 ans. Il faut donc qu’ils intègrent ces comportements, et ne les assimilent pas simplement à de courtes "périodes à risque".

 

Question sur les cas de séropositivité liés à l'homosexualité chez les jeunes

J.B. Brunet : La question de l'homosexualité est difficile à aborder en milieu scolaire. C'est pourtant essentiel, puisque le tiers des patients atteints de sida diagnostiqués sont homosexuels.

Mais en moyenne, la sexualité vraiment "active" débute plus tard pour les homosexuels que pour les hétérosexuels. Le risque d'exposition est fort au moment où d’autres individus du même âge arrivent à assumer leur sexualité, et se tournent vers des partenaires sexuels dont une forte proportion est susceptible d'être infectée. L'âge des séropositifs dépistés augmente cependant régulièrement chez les homosexuels, ce qui prête à penser que les phénomènes de contamination persistent non pas chez les 15-20 ans, mais chez les 20-25 ans.

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