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juillet 1997

Vingt-septième rencontre du CRIPS
La prévention du VIH et la réduction des risques
de la toxicomanie auprès des jeunes

 

Intervention de Sigrid Schilling

 

De Bâle où elle dirige le secteur Prévention Jeunesse à l’Office de coordination des problèmes liés à la consommation de drogue (AKOD), au sein du Département de Justice, elle est venue présenter son expérience qui nous parle, parce que c’est la porte à côté de Mulhouse et de l’Allemagne, et aussi parce que de son côté incertain naît une sorte de familiarité avec nos propres tâtonnements.

 Tant qu’à communiquer, montrons la drogue telle qu’elle est, s’est-on dit dans le vieux chef-lieu de canton rhénan où la tradition humanitaire et le bon sens ne datent pas d’hier.
Montrons-la, au grand jour et aux yeux de tout le monde en revenant "back to roots" (aux racines) là où les adolescents sont peut-être demandeurs. A défaut de pouvoir changer leurs modes de consommation, présentons-leur une information nette et précise sur les dangers de l’ecstasy. "Clear and accurate", c’étaient les mots de Sigrid Schilling. Tentons ainsi le trait d’union avec la génération précédente qui n’a pas de repères sur l’ecstasy.

 D’où une exposition avec des salles recréant entièrement le cadre de vie d’un jeune toxicomane, des dépliants et brochures, des objets dans des vitrines, des mises en scènes impliquant les jeunes. Un univers que l’on parcourt comme un reportage et qui est également illustré par une vidéo pleine de trouvailles jusque dans son parti pris très glauque : simulation de "voyage" par l’image, gros plans sur les instruments et matériels de la défonce, effets de caméra et constructions de plans…

 "Le projet est centré sur l’évocation de différents thèmes de la vie des jeunes dans le monde moderne, expliquait Sigrid Schilling. Il s’agit d’une part de donner aux jeunes des informations sur l’ecstasy et d’autre part de proposer des alternatives à la consommation immédiate et régulière de cette drogue.
Différents aspects caractéristiques d’une salle techno et d’une salle chill-out sont représentés dans un conteneur. Les parcours menant aux espaces sont constitués par des info-box. On parle aussi des risques liés à la consommation d’ecstasy. Le projet est élaboré en collaboration avec les jeunes et il est destiné aux jeunes."

 Faisant d’une pierre deux coups, le projet apporte une information sur la technoculture au grand-public. Dix mille visiteurs lors d’une première présentation durant la Foire de Bâle. "Présenter les expériences pour provoquer la réflexion. Amener la jeunesse à se poser des questions critiques sur les petits et les grands effets de l’ecstasy", commentait l’oratrice en laissant ouvertes toutes les intelligences possibles d’un projet qui est encore en phase d’évaluation.