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décembre 1997

Evolution du nombre de nouveaux cas en Ile-de-France

Pour l'ensemble de la région, après une stabilisation du nombre de nouveaux cas entre 1990 et 1995, on observe une diminution, amorcée fin 1994, qui devient très nette à partir de la mi-96 : -36% entre les deux semestres 1996 et -16% entre le 2ème semestre 1996 et le 1er semestre 1997.

Plusieurs hypothèses peuvent expliquer ces diminutions :

- d'une part, la qualité des déclarations qui aurait pu s'altérer au cours du temps ; en fait, ni la sous-déclaration, ni les délais de déclaration n'ont varié de façon significative.

- d’autre part, la révision de la définition du sida intervenue en 1993 : l'introduction de trois nouvelles pathologies aurait pu induire une augmentation importante du nombre de cas, suivie d'une diminution dans les années ultérieures. Cet impact a été analysé mais il a été faible en France et ne peut en aucun cas expliquer ces fortes diminutions.

- enfin, une baisse des contaminations dans les années antérieures. Plusieurs modélisations de l'épidémie ont été réalisées avant la diffusion des nouvelles stratégies thérapeutiques. Ces modèles donnaient des estimations relativement concordantes et permettaient de faire des prévisions des cas de sida jusqu'à l'an 2000. Ils avaient prévu une stabilisation du nombre de nouveaux cas de sida à partir du milieu des années 90 mais en aucun cas la diminution très importante observée à partir de la mi-96.

En fait, seul un événement de l'importance de la diffusion des nouvelles stratégies thérapeutiques, au cours de l'année 1996, permet d'expliquer ces diminutions.

La population des patients développant le sida est constituée de 3 sous-populations (figure 2) :

- les sujets ne connaissant pas leur séropositivité avant le sida (donc ne pouvant être traités),

- les sujets connaissant leur séropositivité avant le sida mais non traités,

- les sujets connaissant leur séropositivité avant le sida et traités.

L'évolution dans le temps de la répartition des cas selon ces trois classes montre que cette répartition était stable sur la période 1994/mi-96 :
23% ne connaissaient pas leur statut sérologique, 24% le connaissaient mais n'étaient pas traités
et 53% avaient reçu un traitement antirétroviral avant le sida.

Cette répartition a été complètement modifiée avec la diffusion, au cours de l'année 1996, des nouveaux traitements antirétroviraux :

au premier semestre 1997, 40% des cas de sida ne connaissaient pas leur statut sérologique,
32% le connaissaient mais n'étaient pas traités
et 28% avaient reçu un traitement antirétroviral avant le sida.

 

Fig. 2 Nouveaux cas de sida en Ile-de-France par semestre de diagnostic selon la connaissance de la séropositivité et la prescription d’un traitement antirétroviral avant le sida
(données redressées)