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décembre 1997

L’évolution selon le mode de transmission

Même si les diminutions sont observées dans les trois principaux groupes de transmission, elles s'inscrivent dans des tendances générales qui sont différentes d'un groupe à l'autre (figure 3).

Pour la transmission par voie homosexuelle, la diminution actuelle n'est que le prolongement, certes accentué (-31% de nouveaux cas entre les deux semestres de 1996), d'une tendance qui a débuté dès 1994.

Pour la transmission par usage de drogues injectables, la diminution très brutale du 2ème semestre 1996 (-55%), fait suite à une longue période de stabilisation (1992-1995).

Enfin, pour la transmission par voie hétérosexuelle, le nombre de nouveaux cas de sida n'a cessé d'augmenter jusqu'en 1994, s'est ensuite stabilisé à un niveau comparable à celui des usagers de drogue et a diminué à partir de mi-1996 mais de façon moins forte (-20%).

Ces différences dans les évolutions font que les nombres de nouveaux de sida par groupe de transmission se sont beaucoup rapprochés : au premier semestre 1997, 215 cas ont été diagnostiqués chez des homosexuels, 160 chez des hétérosexuels et 110 chez des usagers de drogues.

 


Répartition des cas de sida par mode de transmission, selon le département de domicile en Ile-de-France

Département
Mode de transmission

75

77

78

91

92

93

94

95

total

1.Homo-bisexuel

7547

288

391

300

1026

746

669

266

11233

%

70,0

34,0

39,1

31,1

42,9

29,1

34,1

25,7

52,1


2.Toxicomanie 4

1165

196,0

244

284

626

855

643

342

4355

%

10,8

23,1

24,4

29,5

26,2

33,3

32,8

33,0

20,2


3.(1 et 2)

151

6

13

3

25

30

30

9

267

%

1,4

0,7

1,3

0,3

1,0

1,2

1,5

0,9

1,2


4.Hémophiles/troubles coag.

38

18

26

13

14

30

13

10

162

%

0,4

2,1

2,6

1,3

0,6

1,2

0,7

1,0

0,8


5.Hétérosexuel

1274

219

178

213

476

627

397

273

3657

%

11,8

25,8

17,8

22,1

19,9

24,5

20,2

26,3

17,0


6.Transfusé

147

45

57

84

74

75

89

45

616

%

1,4

5,3

5,7

8,7

3,1

2,9

4,5

4,3

2,9


7.Mère-enfant

67

13

14

10

21

39

14

15

193

%

0,6

1,5

1,4

1,0

0,9

1,5

0,7

1,4

0,9


8.Indéterminé

393

63

76

57

129

162

108

77

1065

%

3,6

7,4

7,6

5,9

5,4

6,3

5,5

7,4

4,9


Total

10782

848

999

964

2391

2564

1963

1037

21548

%

100

100

100

100

100

100

100

100

100


Source RNSP - situation au 30 septembre 1997

 

Les différences dans les évolutions observées entre les groupes de transmission doivent être interprétées avec prudence. Leurs causes sont multiples, comme par exemple, la courbe épidémique des contaminations antérieures qui est différente dans chacun des groupes, l'accès au dépistage et l'accès aux traitements.

La figure 4 représente, pour les trois principaux groupes de transmission, la répartition des cas selon la connaissance de la séropositivité et la prescription d'un traitement avant le sida.

Elle montre des profils assez différents selon les groupes. Il apparaît ainsi, qu'au 1er semestre 1997 :

- 14% des personnes contaminées par usage de drogues ont découvert leur séropositivité au moment du diagnostic du sida (figure 4b),

- cette proportion est de 34% chez les personnes contaminées par relations homosexuelles (figure 4a),

- et de 57% chez les personnes contaminées par relations hétérosexuelles (figure 4c).

C'est-à-dire qu'actuellement parmi les personnes contaminées par relations hétérosexuelles plus d’une personne sur deux découvre sa séropositivité au moment du diagnostic de sida alors qu'elle a vraisemblablement été contaminée depuis des années.
Cette situation s'observe encore davantage chez les hommes hétérosexuels atteints de sida que chez les femmes (63% versus 49%).

Si on ajoute à ces personnes, qui ne connaissaient pas leur séropositivité avant le sida, celles qui connaissaient leur séropositivité mais n'étaient pas traitées, on observe qu'en 1997, 79% des cas de sida liés à une transmission hétérosexuelle ont développé un sida sans avoir bénéficié d'une prise en charge thérapeutique.
Cette proportion est de 69% pour les cas de sida liés à une transmission homosexuelle et de 62% pour les cas de sida liés à l’usage de drogues injectables.

 

N.B. : le premier graphique n’est pas à la même échelle que les deux suivants.

Fig. 4 Nouveaux cas de sida en Ile-de-France par semestre de diagnostic selon la connaissance de la séropositivité et la prescription d'un traitement antirétroviral avant le sida pour les trois principaux groupes de transmission
(données redressées)