juillet 1998
La question de savoir quelle attitude adopter face au désir d’enfant chez les personnes porteuses du VIH reste problématique depuis le début de l’épidémie. Les risques importants de transmission du virus de la mère à l’enfant et d’un parent à l’autre, mais également l’absence de traitement efficace pour retarder le développement de la maladie, ont longtemps conduit les équipes soignantes à "déconseiller" aux couples vivant avec le VIH de projeter une grossesse.
Avec l’arrivée des nouveaux traitements antirétroviraux, le risque de transmission de la mère à l’enfant, estimé il y a une dizaine d’années à 50%, puis à 20% a pu être abaissé à moins de 10%. Par ailleurs, les multithérapies améliorent souvent considérablement la qualité de vie des personnes séropositives, et amènent un certain nombre de couples vivant avec le VIH à envisager la réalisation de leur désir d’enfant. C’est pour éclairer les transformations récentes de cette problématique que le CRIPS
Île-de-France a choisi de consacrer la 31ème Rencontre* au thème "VIH, désir d'enfant et pratique hospitalière".Si la France a été précoce dans sa prise en compte du problème, en mettant en place des structures de dépistage en consultation prénuptiale et prénatale et en proposant très vite de l’AZT aux femmes enceintes séropositives, de nombreuses équipes soignantes confrontées au problème restent partagées.
Comme commencera par le rappeler Yves Dumez, gynécologue obstétricien à l’hôpital Necker, le problème de la transmission d’une maladie incurable d’une mère à son enfant et les difficultés à gérer ces grossesses sont déjà connus pour des pathologies génétiques présentant un risque de transmission très comparable.
- Introduction
- Yves Dumez, gynécologue obstétricien, hôpital Necker, Paris
- Isabelle Heard, gynécologue, hôpitaux Broussais et Cochin, Paris
- Alain Sobel, président du Conseil national du sida, chef de service, hôpital Henri Mondor, Créteil
- Michel Kazatchkine, chef de service, hôpital Broussais, Paris
- Angus Nicoll, consultant épidémiologiste, Public Health Laboratory Service, Unité britannique de surveillance pédiatrique du Collège Royal de santé infantile, Londres
- Bernadette Rwegera, anthropologue, directrice de l’association Ikambere, St-Denis
- Marie-Christine Tarneaud, coordinatrice du lieu d’accueil "Charité maternelle / SOL EN SI" du XIVe arrondissement
* 4 juin 1998Les rencontres du CRIPS sont organisées avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales d'Ile-de-France
Ont collaboré à ce numéro :
David Heard - Didier Jayle - Antonio Ugidos - Bénédicte Astier- Idris Roty - Aude Segond - Claudine Vallauri - Les graphistes associés