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décembre 1998

trente-deuxième rencontre du CRIPS

Traitement prophylactiques après exposition au VIH

 
C'est un peu comme une roue de secours, à n'utiliser qu'en cas de crevaison. La prophylaxie post-exposition (PPE) vise à réduire le risque de contamination grâce à un mois de polythérapie antivirale démarrée dans les deux jours suivant l'accident d'exposition. Cinq mille nouvelles contaminations VIH par an en France correspondent statistiquement à deux millions de prises de risque. Le meilleur moyen d'éviter les infections reste l'usage du préservatif et de matériel d'injection stérile. Ni anodin ni simple, le moyen de prévention par PPE, justifié dans des cas précis, reste encore méconnu et sous-utilisé. Pourtant, la France est en avance. Elle est le seul pays au monde, avec la Suisse, à recommander officiellement la PPE (dès 1996 pour les situations à risque professionnel, depuis avril 1998 pour les autres). En pratique, l'accès permanent de jour comme de nuit et sept jours sur sept se heurte à l'insuffisance de moyens. Le court délai (maximum 48H) pour débuter la PPE, sa toxicité potentielle, ses contraintes d'utilisation et l'anxiété sous-jacente qu'elle peut amplifier, constituent autant de freins. Les «perdus de vue» lors du suivi ou les abandons favorisant l'émergence de chimiorésistance, sont d'autres obstacles. Enfin, une certaine réticence à promouvoir cette «pilule du lendemain» est motivée par peur d'induire un relâchement de la prévention primaire, plus particulièrement chez les jeunes. Jusqu'à présent, cette tendance n'est pas confirmée par les enquêtes sociologiques.

 

Cinq critères d'évaluation permettent d'apprécier l'importance du risque : la nature de l'accident ; le statut sérologique VIH du patient source ; l'existence de facteurs favorisant la contamination ; la personne exposée ; et le délai entre l'exposition et la consultation. Les intervenants américains, suisses et français réunis* à Paris à l'initiative du Centre Régional d'Information et de Prévention du Sida (CRIPS) ont précisé les limites actuelles de la PPE et ses perspectives. Ils ont également abordé des questions cruciales : comment évaluer l'efficacité de la PPE ? Quid de la responsabilité médicale ? Quelle attitude en cas de viol ? Cette lettre constitue une synthèse de leurs interventions respectives.

 

La séance est ouverte par Jean-Elie Malkin (Institut Alfred Fournier), modérateur de la matinée consacrée aux traitements et recommandations.