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décembre 1998

trente-deuxième rencontre du CRIPS

Traitement prophylactiques après exposition au VIH

 

Arnaud Tarantola, Praticien Hospitalier, Hôpital Bichat- Claude Bernard

Les pratiques en milieu hospitalier

Depuis avril 98, tous les hôpitaux publics en France dotés d'un service d'urgences doivent pouvoir proposer la PPE pour tout accident d'exposition notoire, et ce, gratuitement (Sécurité Sociale ou Aide Médicale Gratuite). Il s'agit d'une obligation de moyens, pas de résultats. Un médecin volontaire référent de la PPE est choisi au sein de chaque établissement. Au quotidien, proposer aux urgences cette prophylaxie qui est lourde et non dénuée d'effets secondaires, pose problème. Quand une personne arrive en pleine nuit pour une demande d'évaluation de risque, le contexte d'un service d'urgences est souvent peu serein. Et le suivi n'est pas toujours simple à organiser. En moyenne, le nombre de demandes mensuelles était d'une quinzaine en 97 (voir encadré). Ce nombre augmente en 98. Jusqu'à présent, aucun cas de séroconversion chez les personnes traitées n'a été signalé. D'autres problèmes surgissent après la mise en place de la PPE, comme l'impact de prophylaxies répétées chez une personne «récidiviste».

Questions de la salle

Didier Jayle, directeur du CRIPS : Quelles responsabilités endosse le médecin en cas de prescription d'une PPE inefficace, ou si une contamination survient après qu'il ait estimé préférable de s'abstenir ?

Arnaud Tarantola : A mes yeux, il y aurait erreur grave en cas de prescription de PPE sans vérification préalable d'une éventuelle grossesse en cours. Et responsabilité maximale par non mise en route d'une PPE suite à un rapport sexuel non protégé réceptif, anal ou vaginal, avec un partenaire VIH+ connu. Les recommandations officielles sont de proposer une prophylaxie, ce n'est pas un traitement. Enfin, il n'y a pas encore eu de procès pour refus de traitement proposé ou demandé avec insistance !

Béatrice Tajan, infirmière scolaire : L'accès à la PPE est-il homogène au niveau national ?

Arnaud Tarantola : Une enquête auprès de 106 des 170 hôpitaux PPE de l'Hexagone pour les expositions professionnelles montre que dans les CHU et CISIH, on traite moins souvent mais avec des prophylaxies plus complexes. En revanche, dans les établissements hospitaliers non VIH prescripteurs, (kit aux urgences), la prescription est plus fréquente mais plus classique (AZT + 3TC + Indinavir).

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