décembre 1998
Dr Joshua Bamberger, Responsable de l'expérience PPE, Département de Santé Publique de San Francisco
L'expérience américaineAucune recommandation officielle n'existe aux Etats-Unis sous prétexte que les connaissances scientifiques de la PPE sont mauvaises. Je le déplore. Une étude à paraître aujourd'hui dans le New England Journal of Medicine apporte un argument supplémentaire nouveau en faveur de la PPE. En effet, c'est la première étude prospective.
Nancy Wade et ses collaborateurs de l'Albany AIDS Institute (New York) montrent notamment que donner de l'AZT à des bébés nés de mère séropositive, dans les 48 premières heures suivant leur naissance, réduit le risque de contamination de 27% à 9% .
A San Francisco, nous avons démarré un programme pilote en octobre 1997. En un an, il y a eu 200 demandes. Une séance informative de 20 minutes démarre tout entretien. La décision de prescrire dépend de trois critères : l'acte, la source et le temps. L'acte est un rapport sexuel non protégé -réceptif anal ou vaginal ; anal insertif ou oral avec éjaculation- ou un «shoot». La source doit être VIH+ et le délai de 72H maximum. Seule une bithérapie (300 mg d'AZT et 150 mg de 3TC par jour) est donnée pour un mois. 165/200 l'ont reçue. Les perdus de vue ont été peu nombreux (15%). Il est à noter qu'aucun usager de drogue ne s'est présenté. Une campagne publique d'information sur l'existence de la PPE vient d'être lancée. Je pense fondamental d'associer systématiquement un rappel des moyens de prévention primaire lors de toute consultation pour PPE.
L'après-midi a été consacrée à l'impact sur les comportements. La modératrice, France Lert, Inserm U88, Crips, ouvre la séance avec l'expérience suisse.