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décembre 1998

trente-deuxième rencontre du CRIPS

Traitement prophylactiques après exposition au VIH

Drs Enos Bernasconi, Chef du Service des Maladies Infectieuses, Hôpital Public de Lugano, et Philippe Sudre, Epidémiologiste, Institut de Médecine Sociale et Préventive,Université de Genève

La PPE-VIH médiatisée sous le terme réducteur de «pilule du lendemain» est moins efficace que le préservatif et l'injection stérile. Même si l'impossibilité éthique évidente de conduire des études prospectives PPE versus placebo rend son évaluation difficile, la PPE n'est qu'une solution de secours. Comme en France, il existe des recommandations officielles pour la PPE. Trois situations précises sont décrites, à chaque fois avec un partenaire infecté connu : un rapport sexuel non protégé anal ou vaginal ; un rapport sexuel oral non protégé avec éjaculation ; et l'utilisation commune de seringue. Le recours à une trithérapie est quasi systématique. La durée est de 2 à 4 semaines.

Une étude non encore publiée incluant 54 personnes dans 4 centres permet de décrire la population (voir encadré).

L'accident de capote représente 65% des accidents d'exposition sexuelle, les blessures par aiguille 28%.

Bien que la PPE ne soit recommandée que si le statut VIH + de la personne source est connu, on constate une prescription dans 52% des cas alors que le statut VIH + de la source n'est connu que dans 41% des cas. Sur 28 patients traités, 26 ont eu une trithérapie. Dans un tiers des cas, des effets secondaires - diarrhée, nausées et plus rarement vomissements- sont notifiés. Il y a eu 17% d'abandon. Aucune contamination n'est connue à ce jour dans ce groupe. En conclusion, prescrire la PPE à l'aveugle est abusif et peut être dangereux. La balance risque/ bénéfice doit être évaluée à chaque fois.

Questions de la salle

Annie Mbengo, association Afrique Sida : Comment défendre la PPE face à la pénurie d'antiviraux en Afrique où vivent plus de la moitié des malades ?

France Lert : Il est vrai que la PPE implique, pour éviter dans le meilleur des cas 2 contaminations, 998 prophylaxies qui peuvent être perçues comme inutiles. Mais face à l'ampleur de la situation en Afrique, une mobilisation internationale d'une toute autre ampleur est nécessaire.

Didier Jayle : 17% d'abandons et 30% d'effets secondaires, c'est beaucoup. Pourquoi prescrire quasi systématiquement une polythérapie incluant une antiprotéase, souvent mal tolérée ?

Enos Bernasconi : Si le troisième médicament réduit d'au moins 10% de plus le risque - ce qui n'est pas prouvé dans la PPE, c'est vrai -, malgré les effets secondaires, et puisque la prescription est limitée aux expositions à haut risque, ce choix nous semble préférable.

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