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décembre 1998

trente-deuxième rencontre du CRIPS

Traitement prophylactiques après exposition au VIH

Florence Lot, Epidémiologiste, Réseau National de Santé Publique

Les enjeux de l'évaluation

L'évaluation nationale de la prise en charge thérapeutique des expositions au VIH, prévue dans la circulaire d'avril 98, et confiée au RNSP devrait démarrer en janvier 1999.

Pour les expositions professionnelles, la plupart des pays industrialisés se sont dotés de recommandations, basées sur les essais animaux, l'efficacité sur la transmission materno-fœtale, et l'étude cas-témoins du CDC publiée en 1995. En revanche, pour les expositions non professionnelles, la situation est très différente d'un pays à l'autre. Pas de recommandations aux Etats-Unis, idem au Canada sauf en cas de viol. En Europe, la Suisse s'est dotée d'un cadre officiel en 1997 et la France en 1998, tandis que le Royaume-Uni n'en a pas.

L'absence de recommandations après exposition non professionnelle dans de nombreux pays se base sur plusieurs arguments : l'absence de données sur l'efficacité ; l'absence de données sur les effets secondaires ; les problèmes logistiques de délivrance rapide du traitement ; l'impact négatif potentiel sur les comportements de prévention ; le risque d'apparition de résistances dans la population ; des problèmes de coût.

Les objectifs de l'évaluation en France sont la collecte de données sur la tolérance, l'observance, l'efficience du traitement et l'analyse des échecs thérapeutiques. La description des caractéristiques des personnes exposées, des types d'exposition, et des attitudes thérapeutiques (proposition ou non d'un traitement et acceptation ou non) en fait partie.

Pour ce faire, un questionnaire de déclaration pour toute personne consultant après exposition au VIH, qu'il y ait ou non prescription d'un traitement antirétroviral, sera à remplir par les médecins des urgences, référents et/ou du travail. Ce questionnaire servira en fait de dossier médical et comprendra quatre parties : la consultation initiale, la consultation en fin de traitement, le suivi sérologique à 3 mois, et celui à 6 mois. Le RNSP centralisera les données et retournera les informations vers les CISIH et les médecins impliqués.

En conclusion, la France est "assez en avance" dans la prise en charge thérapeutique des expositions au VIH, d'où l'importance de mettre en place une évaluation au niveau national et d'harmoniser les recueils déjà en cours dans de nombreux hôpitaux. Ceci afin d'adapter éventuellement les recommandations.

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