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décembre 1999

trente-sixième rencontre du CRIPS
Le théâtre dans la prévention

Le théâtre par les pairs
Louis Scott, administrateur du Théâtre Aleph

Le théâtre Aleph est ce qu’on appelle un théâtre d’intervention développé par Oscar Castro, il y a trente ans à peu près, au moment du putsch du général Pinochet au Chili. Il a donc une forte identité latine. Les comédiens viennent d’Algérie, du Maroc et d’Amérique du Su. Ils ont rencontré les problèmes des banlieues, de toxicomanie, d’intégration, et ont voulu exprimer cela dans ce théâtre d’intervention. En 1995, ils ont créé une pièce qui s’appelle "Les bad boys" aux personnages hauts en couleur avec beaucoup de tchatche, de drague, de danse qui caricature les jeunes sans vouloir moraliser mais avec l’objectif de prendre du recul par rapport à leur vécu pour pouvoir l’exprimer à des jeunes du même âge.

Après cette première expérience, tout excités par leur succès, ils ont créé d’autres pièces. Aujourd’hui, ce sont à peu près 6 pièces qui existent, "Les bad boys et les extra-terrestres", "Les bad boys et le petit chaperon rouge", plein de petites saynètes. Et au bout de trois ans de réflexion sur le sida et la toxicomanie, ils se sont demandés s’il n’y avait pas un message à faire passer. Et ce message-là, ils l’ont adressé aux jeunes dans les collèges, les lycées, les prisons…Tous les lieux de rencontre où il était bon d’échanger avec les gens concernés. Cela a donné lieu à de nombreuses représentations (200 environ) dans tous les départements d’Ile-de-France. C’est un tout jeune théâtre, ce sont tous de jeunes comédiens donc proches des gens qui regardent le spectacle, à l’image du spectateur. La représentation dure environ 40 mn. A la fin, on commence à lancer un débat et des improvisations. En général, une vingtaine de personnes participent à ces improvisations élaborées à l’extérieur avec un comédien. Pendant ce temps, un professionnel -souvent un professionnel de santé- entame le débat avec le reste de participants.

 On voit que ça réussit quand, à la fin du spectacle, les jeunes ont presque tous spontanément envie d’improviser avec eux parce qu’ils se voient caricaturés et disent "Mais non, ça n’est pas moi, j’aurais plutôt abordé le sida comme ça". Et ce qui nous fait le plus plaisir c’est quand les gens restent là assis, et essayent de voir comment eux aussi pourraient créer des clubs dans les lieux où ont été mis en scène les théâtres d’intervention. On a pu voir comme ça le relais pris dans les collèges, les foyers de jeunes travailleurs, les MJC…

Les difficultés: problèmes de lieu et de place. En général, on aime représenter devant 200 à 300 personnes et c’est rare de trouver des lieux assez grands avec une bonne visibilité pour les spectateurs, une scène. Par contre, le théâtre d’intervention c’est un peu un théâtre de rue, dans la mesure où il n’y a pas de décors, pas de matériel.

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