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février 2000

trente-septième rencontre du CRIPS

A l'aube du 3ème Millénaire, la situation du sida dans le monde

Christian Feuillet, Vice-président du Conseil régional chargé des actions internationales

L'heure est à la nécessaire mobilisation mondiale. Aucun pays n'est parvenu à arrêter la progression de la pandémie. L'épidémie est même dramatique dans un certain nombre de pays du Sud, notamment l'Afrique, mais également d'Europe de l'Est. Plus de 95% des personnes contaminées par le VIH vivent dans le monde en développement où les moyens de prévention, de soins et de prise en charge sont insuffisants.

En France, le nombre de malades du sida augmente grâce aux traitements qui soignent mais ne guérissent pas. Les associations de lutte contre le sida qui ont joué un si grand rôle sont en difficulté en raison du risque de banalisation de la maladie: les fonds collectés baissent et les pouvoirs publics peuvent être tentés de relâcher leurs efforts. L'institution régionale, qui n'a pas de compétences obligatoires en matière sanitaire et sociale, a pourtant décidé, il y a quelques années, d'intervenir dans la lutte contre le sida, notamment par la création du Centre régional d'information et de prévention du sida (CRIPS), la mise en place d'actions dans les lycées ou dans le cadre de la journée mondiale du 1er décembre. Enfin la ligne budgétaire créée l'an dernier a permis de verser des subventions à plusieurs associations, et de contribuer à la réussite de manifestations comme Solidays l'été dernier. Nous avons, par ailleurs, récemment décidé de participer à la lutte contre les toxicomanies. Quant à la prise de conscience des élus, elle est également à l'ordre du jour tant il est nécessaire de mobiliser tous les secteurs de la société. Nous y sommes encouragés par la présence dans notre assemblée* de nombreux membres d'Élus locaux contre le sida (ELCS), l'association présidée par Jean-Luc Romero. En tant que vice-président chargé des actions internationales, je tiens à souligner que si la lutte contre le sida est un enjeu sanitaire, elle est également pour un certain nombre de pays, notamment africains, un enjeu de développement: les ravages de la maladie risquent, en effet, de priver ces pays de leurs forces vives et de réduire à néant plusieurs années d'efforts en matière d'éducation, de santé publique et de développement économique.

J'en veux pour preuve la prévision qui laisse apparaître une chute de l'espérance de vie de près de dix ans dans certains pays d'Afrique. C'est pour cette raison que je souhaite que le Conseil régional d'Île-de-France intègre dans ses actions de coopération décentralisée, avec d'autres régions et en partenariat avec le CRIPS, la lutte et la prévention du sida.

Je ne cacherai pas que les discussions ne sont pas toujours faciles car le sida reste tabou pour nombre de décideurs politiques. Néanmoins, nous avons déjà projeté un certain nombre d'actions, dont une qui sera concrétisée dès cette année avec la région métropolitaine de Santiago du Chili. Une coopération basée sur le transfert d'expériences et de savoir-faire. Nous avons d'ores et déjà d'autres réflexions engagées avec des pays d'Afrique, notamment l'Afrique du Sud et le Mali. Ces actions seront malheureusement modestes par rapport à l'ampleur de la tâche, mais je crois qu'elles contribueront à bâtir un monde plus solidaire face à ce fléau.

 


* 2 décembre1999

Les rencontres du CRIPS sont organisées avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales d'Ile-de-France.

Ont collaboré à ce numéro: Isabelle Célérier - Didier Jayle - Antonio Ugidos - Bénédicte Astier - Les Graphistes Associés