novembre 2000
Je tiens tout d'abord à préciser que ces données ne concernent pas les nouvelles infections mais les diagnostics d'infections parfois déjà connues.
Jusqu'à présent ces données étaient recueillies tous les trois mois et présentées en tableau (par âge, sexe...). Une nouvelle enquête a été lancée en juin dans les CDAG volontaires pour avoir des données plus fines grâce à 1 questionnaire rempli par la personne et un autre rempli par le médecin sur: le motif du dépistage (problème de santé, arrêt de préservatif...); l'existence de tests antérieurs; la raison de la venue dans un CDAG; des données socio-démographiques, comportementales (sexe, usage de drogues...) et sur la protection (préservatif, seringues propres...).
Résultats
50% des CDAG ont participé, représentant 60% des personnes vues dans les CDAG à cette période, 100% des régions et 70% des départements.
Au total, environ 4000 questionnaires ont été exploités (dont 29% de l'Ile-de-France qui totalise pourtant 38% des CDAG français), avec 36% de femmes et 33% d'hommes de moins de 30 ans, alors qu'ils ne sont que 14% dans la population générale. La population reçue est donc plus jeune que la population générale.
En ce qui concerne le motif de consultation, 42% -le pourcentage le plus important- viennent à la suite d'un rapport sexuel suscitant l'inquiétude, 27% à la demande du partenaire, 21% pour arrêter le préservatif, et 3% sont usagers de drogues.
Chez les femmes, 23% viennent à la demande du partenaire, avant l'arrêt du préservatif (contre respectivement 36% et 23% chez les hommes hétérosexuels) tandis que chez les homosexuels, 16% viennent à la demande du partenaire et 13% pour rupture du préservatif. Pratiques sexuelles: 88% ont des rapports seulement avec des personnes du sexe opposé, 7% seulement avec des personnes du même sexe, 4% les 2, et 1% ne déclarent aucun rapport sexuel.
Usage de drogues: 91% ne déclarent aucun usage, 2% un usage intraveineux.
Perception du risque: 8% pensent n'avoir pris aucun risque, 21% moins de risque que les autres et 50% les mêmes risques. L'analyse multivariée montre, par ailleurs, l'importance de ceux qui ont déjà fait un test avant et qui ont plus de comportements à risque, plus de partenaires, mais aussi un niveau d'étude plus élevé...
Parmi 4000 personnes qui sont venues consulter, 15 personnes ont été diagnostiquées séropositives, soit un taux de 3,7 pour mille (dont 60% en IdF, et 20% en Rhône-Alpes), avec 6,3 pour mille chez les hommes (11 séropositifs) et 0,9 pour mille chez les femmes.
20,7 séropositifs pour mille sont étrangers, 10 pour mille ont entre 30 et 39 ans, 23 pour mille ont un niveau d'études primaire, 10,2 pour mille sont venus pour des problèmes de santé mais 42,2 pour mille sur le conseil du médecin.
En ce qui concerne le risque ressenti, 7,9 séropositifs pour mille pensaient avoir plus de risque que la moyenne.
Mais le facteur le plus discriminant est celui d'avoir déjà fait un test. Chez ceux qui venaient pour arrêter l'usage du préservatif, il s'agissait du premier test pour 2 personnes séropositives. Chez ceux qui venaient pour un risque particulier, il s'agissait du premier test pour 3 séropositifs et 3 autres avaient déjà été testés. Enfin chez ceux qui venaient pour un test de réassurance, 3 séropositifs avaient déjà été testés auparavant.