novembre 2000
Nous recevons entre 5 et 600 personnes par an. Les tranches d'âge les plus importantes sont les 20-29 ans, suivis par les 30-39 ans. Nous recevons un peu plus d'hommes.
Résultats
En 1998, nous avons recensé 12 séropositifs sur 582 tests, et 11 sur 750 en 1999, soit des taux de 1 à 2% par an. Une proportion importante par rapport à la moyenne nationale (de 4,3 pour mille).
Montreuil accueille un certain nombre de foyers africains notamment maliens et sénégalais. Il y a aussi beaucoup de jeunes Français issus de l'immigration, mais peu d'homosexuels et pratiquement pas de toxicomanes (nous n'en avons reçu qu'un en 1999).
Sur la dizaine de séropositifs reçus en 1999 et début 2000, nous avons retenu 3 femmes et 7 hommes.
Parmi les femmes, 2 étaient originaires d'Afrique, 1 vivant en couple, l'autre célibataire tandis que chez les hommes, 2 vivaient en foyer (où il sont souvent contaminés par les prostituées qui viennent).
Une grande partie des personnes que nous recevons viennent des urgences, des entrées en hospitalisation et surtout de la maternité de l'hôpital.
Questions de la salle
André Auroir, volontaire à AIDES:
Quels sont les chiffres des laboratoires privés?Anne Laporte:
Il y a environ 3 millions de tests annuels en tout (public, privé et CDAG) dont un tiers dans le public, et deux tiers dans le privé.Françoise Hamers:
Connaissez-vous la proportion de séropositifs chez ceux qui ne viennent pas chercher le résultat? Et est-ce-qu'on constate un accroissement du nombre de personnes qui viennent se faire dépister depuis l'arrivée des nouveaux traitements?Richard Salicru:
En 1998, environ la moitié des personnes séropositives ne sont pas venues chercher leur résultat.Jean Derouineau:
En général, il y a 5 à 7% de personnes qui ne viennent pas chercher leur résultat sur une année.Anne Laporte:
Au niveau national, la tendance est à la baisse en ce qui concerne l'activité de dépistage mais elle reste stable dans les CDAG.Christophe Martet, Têtu:
Je trouve scandaleux que certains CDAG ne soient ouverts que 2 ou 3 heures par semaine. A Jean Derouineau, existe-t-il des comparaisons entre les 5 premiers mois 2000 et les années précédentes?Jean Derouineau:
Oui, il n'y a pratiquement pas de différence en ce qui concerne les personnes dépistées positives mais un accroissement du nombre de personnes testées. Sur le relâchement de la prévention (chez des personnes déjàtestées), la remise d'un résultat positif n'est pas le meilleur moment pour en parler. Le test sert à valider les comportements sexuels mais, pour certains, on constate un accroissement des pratiques à risque depuis le dernier test négatif.Dr Gauthier, Bus des femmes:
Environ un client sur deux demande des rapports sans préservatif tandis que la proportion grandissante d'Africaines et de femmes d'Europe de l'Est et la nécessité de faire du chiffre entraîne ces filles à pratiquer l'amour sans préservatif.Jacques Leibowitch:
Quelle est la tendance depuis 15 ans?Anne Laporte:
En ce qui concerne l'incidence -les nouvelles contaminations-, on ne peut la mesurer directement. Jusqu'à présent, les seuls outils utilisables sont la modélisation grâce au rétrocalcul ou à d'autres modèles de simulation qui permettent de dessiner les courbes d'incidence.
Chez les homosexuels, le pic d'incidence se situe en 1984, puis elle a chuté et s'est stabilisée.
Chez les usagers de drogues, le pic se situe en 1986-87.
Chez les hétérosexuels, l'augmentation a été progressive et elle se situe désormais sur une pente très doucement descendante.
Sur les chiffres, c'est très difficile car les intervalles de confiance sont énormes. On parle de 5000 nouvelles contaminations par an, avec une fourchette de 2 à 10 000. Il y a beaucoup de paramètres et d'hypothèses dans ces calculs. On est en train de les refaire mais ces chiffres sont très très grossiers.Jacques Leibowitch:
Quel est le taux de prévalence?Anne Laporte:
Dans la population hétérosexuelle, il est d'environ 1%, chez les usagers de drogues d'environ 20% et chez les homosexuels d'environ 4%. Mais encore une fois ceci est très grossier.Jacques Leibowitch:
C'est quand même hallucinant qu'on n'ait toujours aucun chiffre de l'épidémie depuis 15 ans.Françoise Hamers:
On pense que les niveaux d'incidence sont restés relativement stables et que la mortalité a baissé ce qui pourrait entraîner une hausse de la prévalence.Philippe Demarc:
La gratuité des CDAG est-elle un élément favorable? Et quelle est leur zone d'influence? (les parisiens dans les CDAG de Paris, les habitants de Montreuil à Montreuil?).Jean Derouineau:
C'est l'ensemble des conditions de fonctionnement du CDAG qui favorise la venue (sans rendez-vous, gratuité mais aussi, et c'est le plus important: l'anonymat).Richard Salicru:
L'anonymat est très important mais sur Montreuil, la gratuité l'est aussi.Anne Laporte:
La file active semestrielle est estimée par la Direction des Hôpitaux à environ 90 000 personnes et on estime qu'à l'heure actuelle, au moins 90% des personnes atteintes connaissent leur statut.