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novembre 2000

trente-neuvième rencontre du CRIPS
VIH: les nouvelles contaminations.

Anne Laporte, Institut de Veille Sanitaire

Les résultats de l'étude sur le recours aux traitements prophylactiques post exposition

Je vais vous présenter les résultats d'une étude destinée à évaluer l'attitude des médecins face au traitement prophylactique, un an après l'élaboration des recommandations édictées en février 1998 (en comparant ces résultats à la première enquête effectuée en 1996-97 avant ces recommandations).

L'objectif était à la fois d'évaluer l'impact de ces recommandations et de faire une enquête prospective sur qui se présente. Mais les résultats sont encore très grossiers.

L'étude a porté sur 2300 médecins hospitaliers dont 571 référents sur le nombre de demandes, le nombre de traitements prescrits et les caractéristiques du dernier cas traité.

Nous avons reçu 560 réponses, avec un taux d'environ 50% parmi les médecins référents, et 309 questionnaires ont pu être exploités. Seuls 18% des médecins n'avaient pas vu de cas.

En 1997, il y avait eu 390 demandes; en 1999 il y en a eu 3187, avec augmentation des consultations pour exposition sexuelle qui sont passées de 71% en 1997 à 86% en 1999.

En ce qui concerne les prescriptions, elles sont passées de 135 en 1997 à 1835 en 1999 avec augmentation des prescriptions pour exposition sexuelle (de 37% à 58%).

Depuis la publication des recommandations, le nombre de prescriptions a donc été multiplié par 9.

Sur les 226 cas décrits par les médecins, 85% concernaient une exposition sexuelle, 11% des piqûres accidentelles, 1% un partage de seringue et 3,5% des expositions cutanéo-muqueuses (bagarres, morsures...).

En termes d'exposition sexuelle, les consultations pour rupture de préservatif sont passées de 39% à 36% chez des homosexuels, et de 61% à 64% chez des hétérosexuels. Pour les rapports non protégés, on observe, de même, une certaine stabilité.

En 1997, la source VIH+ était connue à 91% contre 55% en 1999, ce qui montre qu'on traite plus, tout en connaissant moins le statut des partenaires.

Sur les autres situations d'exposition, on note très peu de cas pour usage de drogues.

En ce qui concerne les cas traités, 33 personnes ont moins de 20 ans, la majorité des piqûres accidentelles concernaient des enfants, et on compte 32 viols au total (qui représentaient 7% des demandes en 1997 et 17% en 1999).

Conclusion

On constate une augmentation de la demande et de la prescription d'un facteur 7 et 9 respectivement. Il n'y a pas de modification des proportions entre personnes qui se présentent (homo, piqûre accidentelle, viol..) mais celles des ruptures de préservatifs et des rapports non protégés s'inversent: de 60% de ruptures et 40% de rapports non protégés en 1997, on passe à 40% et 60% en 1999.
Enfin, on prescrit en connaissant beaucoup moins le statut sérologique.

Questions de la salle

Jean Paul Edwiges, EGO:
Vous avez parlé du faible taux d'usagers de drogues, mais quand on voit comment ils sont reçus dans les hôpitaux, ce n'est guère étonnant...

Nicolas Jalageas, Act Up:
En ce qui concerne les mineurs, que sera-t-il fait pour leur permettre d'accèder au traitement sans autorisation parentale?

Richard Salicru:
C'est vrai que le problème reste entier.

Jean Derouineau:
L'accès au traitement est possible en théorie car comme il s'agit d'un traitement d'urgence, l'accord des parents est souhaitable mais pas nécessaire. Pour la délivrance des médicaments, il faut faire appel à la débrouille...

Véronique Tirard-Fleury, médecin DDASS du 93:
L'enquête sera-t-elle répétée avec une déclinaison par département?

Anne Laporte:
L'enquête prospective actuellement en cours permettra une analyse plus détaillée avec répartition par département.

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