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novembre 2000

trente-neuvième rencontre du CRIPS
VIH: les nouvelles contaminations.

Table ronde: le vécu des personnes

Les difficultés rencontrées dans la vie sexuelle sont-elles transformées par les traitements

1- Dana Rudelic-Fernandez, CRIPS

En ce qui concerne le premier point, un constat: ce sont toujours les mêmes moments-clés, les effets propres de la maladie n'ont pas changé: l'annonce de la séropositivité entraîne soit de multiples relations soit l'abstinence mais cette réaction ne dépend en aucun cas des nouveaux traitements. De même, la difficulté d'annoncer sa séropositivité à son partenaire n'a pas changé: on a toujours peur du rejet. Pour les rencontres passagères, on n'en parle pas. Chacun met en place sa stratégie.

Richard Boitel-Stein, AIDES-Arc en Ciel

J'anime un groupe de parole plutôt axé sur l'observance où nous distinguons différents cas de figure:

- les gens qui vivent en couple, souvent avec une sexualité déficiente ce qui implique de reprendre confiance en soi (la blessure narcissique est très importante);

- les séropositifs partenaires de séronégatifs;

Le fait que les traitements soient efficaces n'a pas changé le regard sur la sexualité et la séduction. Même le marquage physique (lipodystrophie) peut servir pour faire fuir. Mais la solution c'est de confronter ces vécus. D'où l'intérêt de ces groupes de parole.

Marie-Christine Marion, AIDES-Arc en Ciel

Nous organisons des groupes de parole sur des thèmes précis pendant 6 semaines. Je n'ai pas le sentiment qu'il y ait de grandes différenes par rapport aux angoisses d'avant. Ceux qui avaient complètement perdu leur libido retrouvent l'envie de sortir et de séduire quand la charge virale disparaît. Les jeunes de 18-25 ans sont parfaitement informés et malgré tout se retrouvent contaminés. Quand le médecin leur apprend leur séropositivité, il parle de maladie chronique.

César Buedo, AIDES-Arc en Ciel

La sexualité reste quand même un point important des groupes de parole. Le sujet revient régulièrement. Il n'y a pas de changement mais, en parallèle, un certain relâchement, m'en foutisme. Les groupes de parole permettent à ceux qui y participent de confronter leurs expériences. Il faut les développer.

Marie-Hélène Tokolo, AIDES-Arc en Ciel

Je m'occupe d'un groupe de parole de femmes à AIDES-Arc En Ciel. La question de la sexualité est très très présente. Quand les femmes arrivent dans le groupe, dans la plupart des cas, elles viennent d'apprendre leur séropositivité. Elles sont souvent mises sous trithérapies tout de suite et c'est assez lourd à gérer, notamment à cause des lipodystrophies. Tout marche bien mais le corps se déforme complètement. La question de la maternité et du désir d'enfant revient aussi souvent.

Paul Benkimoun:
Comment cette image du corps et la libido évolue-t-elle au fil du temps?

Marie-Christine Marion, AIDES-Arc en Ciel

Je crois que le sida reste une maladie liée au sexe, à l'amour, à la mort et au sang et que vivre avec n'est pas rien. Il y a peut être moins d'angoisse mais le poids du VIH est aussi lourd, d'autant que c'est souvent la partie émergée de l'iceberg (où se mêlent histoires familiales...).

Richard Boitel-Stein, AIDES-Arc en Ciel

On s'est aperçu que certains s'émancipaient grâce aux contacts physiques comme les massages, la sophrologie, la relaxation... qui peuvent redonner le désir et la libido.

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