décembre 2000
QUARANTIEME RENCONTRE DU CRIPS
L’Andalousie est la plus grande région d’Espagne. Dans les années 80, nous avons assisté à l’augmentation de la consommation de drogues et, en 1985, le gouvernement andalou a arrêté un plan d’action afin de traiter le problème et de canaliser la demande sociale et politique. Entre 1990 et 2000, le budget attribué à ce programme est passé de 40 à 172 millions de francs. Différentes actions ont été entreprises: information téléphonique gratuite pour les familles (1986); premières rencontres sur les drogues organisées par 270 associations engagées dans la toxicomanie(87); constitution de la fédération des associations de lutte contre la toxicodépendance et mise en place de la réduction des risques (90); de la commission andalouse de participation sur les toxicodépendances qui comprend des représentants de l’administration, et des organismes publics pour élaborer un consensus sur les problèmes de drogue (94); une analyse comparative des attitudes des "Andalous face aux drogues" (87-2000) qui a notamment montré que 60% d’entre eux se déclaraient favorables aux programmes héroïne.
En ce qui concerne la genèse de notre programme, nous nous sommes demandés ce que l’on pouvait faire pour les 20-30% de toxicomanes qui échouent dans toute tentative de traitement. Les condamner à vie? à l’hépatite? à la mort? Existe-t-il d’autres alternatives? En 1995, la dépendance à l’héroïne avait créé une demande sociale très importante assumée par le mouvement associatif qui s’est tourné vers la Direction générale des toxicodépendances.
En 1997, le projet héroïne, élaboré par la direction générale des toxicodépendances, l’école andalouse de santé publique, l’Université d’Andalousie, et qui prévoyait une étude comparative randomisée héroïne versus méthadone orale d’un an pour 150 (75/75) toxicomanes ayant échoué à tout traitement a été approuvé à l’unanimité par le Parlement andalou. La demande d’autorisation a été présentée aux autorités sanitaires de Madrid en 1998 et, en janvier 99, la recherche clinique sur l’héroïne comme traitement de maintenance a été approuvée et intégrée dans le plan national sur les drogues. Mais en mai, l’Agence espagnole du médicament a refusé le projet et décidé, en juin, la création d’une commission d’enquête sur la prescription d’héroïne. La direction générale des toxicodépendances andalouse a aussitôt déposé un recours administratif. Toujours sans réponse à ce jour.
Conclusion
Les politiques ne sont pas convaincus de l’intérêt de ces programmes et le seul moyen de le faire serait de pouvoir mener des recherches.