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mars 2001

41ème RENCONTRE DU CRIPS
Le vécu de l'adolescent séropositif

 

Isabelle Funck-Brentano,
psychologue, Unité d'Immuno-hématologie, Hôpital Necker

 

Il y a 3 ans, on aurait sans doute dit que l'annonce du diagnostic VIH était toujours perçue comme un verdict de mort annoncée. Aujourd'hui, les adolescents ne se sentent plus du tout menacés. Compte tenu de la qualité de leur état clinique et de leur croissance normale, ils se perçoivent comme les autres enfants non-infectés. Certains ont connu un état clinique très grave et sont aujourd'hui en pleine forme. Il y a une sorte d'effet psychostimulant, une rémission à la fois physique et psychique.

 Sophie Aurenche:
Comment réagissent-ils à l'annonce de leur séropositivité?

Isabelle Funck-Brentano:
Cela dépend de l'âge et du moment. Si le traitement marche, les médecins sont beaucoup plus enclins à le faire. Il n'y a plus d'annonce de mort. C'est donc beaucoup plus facile.

Sophie Aurenche:
Faut-il prononcer le mot sida?

Isabelle Funck-Brentano:
Cela dépend de l'âge de l'enfant qui peut être bien portant pendant très longtemps. Il n'y a donc pas d'urgence. Il faut savoir repérer l'évolution par rapport à ses symptômes, sa perception de la maladie. Et puis il y a aussi les parents qui se sentent souvent très coupables de les avoir infectés et qui craignent que les enfants le disent à l'extérieur. Il faut prendre son temps pour ne pas induire de culpabilité. Ils sont généralement informés vers 11-12 ans mais parfois plus tôt, vers 7-8 ans.

 En ce qui concerne leur évolution psychologique, environ un tiers va bien et deux tiers sont en difficulté. Ceux qui vont bien sont des enfants en bonne santé depuis longtemps, dont les parents biologiques ou de remplacement sont bien portants, dont les familles assument bien le VIH, sont structurées, solides, stables, les rassurent et leur donnent confiance. Ils connaissent donc une période de minimisation des problèmes, d'accalmie et de mieux être qui ne va peut-être pas durer.

 

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