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juillet 2001

42ème RENCONTRE DU CRIPS
Immunothérapie et VIH : Interleukine 2 pour tous?

 

    Gustavo Gonzalez-Canali, Praticien Hospitalier, Hôpital Européen Georges Pompidou

 

Les effets secondaires

 Actuellement, l'Il2 est administrée en sous-cutanée, à raison de deux injections par jour, en cures de 5 jours toutes les 6 à 8 semaines. Le traitement commence en hôpital de jour et peut ensuite être poursuivi à domicile.

 Les effets secondaires sont fréquents. Ils disparaissent ou s'améliorent nettement 2-3 jours après la dernière injection. Ils sont dose-dépendants et il est en général possible de les prévenir ou de les limiter.

 Le plus important et le plus constant (plus de 50% des cas) est un syndrome pseudo-grippal: fièvre (39° au maximum), frissons, myalgies, asthénie. Il est dû à la forte stimulation de la production des cytokines. Il apparaît en moyenne 48 heures après la première injection et régresse spontanément 2 ou 3 jours après la dernière injection. La fatigue persiste un peu plus longtemps. On la retrouve à chaque nouvelle cure d'Il2. La fièvre peut être prévenue par les antipyrétiques (Paracétamol).

 Dans plus de 50% des cas, il y a aussi des réactions sur le site d'injection: inflammation locale, formation d'un nodule ou d'une induration secondaires. Le plus souvent, ces réactions persistent quelques jours ; plus rarement, quelques semaines, voire quelques mois. Pour les limiter, il est recommandé de garder le produit dans la seringue pendant 15 minutes à température ambiante avant de l'injecter, de masser ensuite le site d'injection et/ou d'y appliquer des compresses froides, et de changer régulièrement le site d'injection (abdomen, cuisse).

 D'autres effets secondaires sont possibles:

- Des symptômes gastro-intestinaux :
nausées, voire vomissements, anorexie, douleurs abdominales et diarrhées, brûlures épigastriques. Le traitement est systématique et symptomatique (antiémétiques, antidiarrhéiques). Il est recommandé de faire des repas légers et fréquents en évitant les graisses, les épices et les sucreries.

- Des réactions cutanéo-muqueuses: érythème généralisé, desquamation et, plus rarement, vésicules, picotement, démangeaisons. Une congestion nasale est très fréquemment retrouvée (plus de 50% des cas).

- Un syndrome de fuite capillaire: oedème des pieds et des mains associé à une hypotension. Il est rare aux doses utilisées dans l'infection à VIH. Pour le prévenir, il faut boire abondamment des solutions salines riches en minéraux (soupes, jus de fruits, certaines eaux minérales), éviter tout effort physique important et se lever doucement pour éviter une hypotension orthostatique.

- Des réactions neuropsychiatriques: anxiété, insomnie et dépression; perte temporaire de mémoire, voire d'exceptionnelles pertes de connaissance.

- Troubles de la fonction rénale: baisse des concentrations sanguines de calcium, sodium, magnésium et phosphore; augmentation de la créatinine. Le traitement consiste en une hydratation abondante avec des solutions riches en sels minéraux. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont déconseillés pour éviter les agressions rénales.

- Rarement une baisse du taux d'hormones thyroïdiennes. Un traitement hormonal substitutif est parfois nécessaire.

 - D'autres effets secondaires peuvent être retrouvés: une anémie modérée, une augmentation transitoire des transaminases, de la glycémie, l'apparition de lithiases biliaires voire de véritables coliques hépatiques.

 La prévention des principaux effets secondaires de l'Il2 est possible et doit être systématique. Un arrêt de travail est généralement proposé, du moins pour la première cure.

 

 

 

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