Decembre 2001
44ème RENCONTRE DU CRIPS
Risques liés aux pratiques de
modifications corporelles avec effraction cutanée: piercing,
tatouage...
Marquis,
professionnel du piercing
Ce qu'on appelle à l'heure actuelle professionnel, c'est quelqu'un qui est établi, qui a pignon sur rue. C'est davantage par le bouche à oreille qu'on va en entendre parler mais il est vrai que n'importe qui peut se décréter perceur.
Danielle Deleau, infirmière à Fernand Widal :
J'ai beaucoup travaillé il y a 6 ans sur le tatouage et je
suis étonnée d'entendre dire qu'il n'y a pas de
législation en la matière car à l'époque
certains tatoueurs étaient agréés par la
Sécurité sociale.
Béatrice Luminet :
Il ne peut s'agir que de médecins plasticiens.
Marquis :
Nous-mêmes, en tant que professionnels ayant pignon sur
rue, nous sommes considérés comme commerçants
et, en fonction du département où l'on se trouve, on
n'a pas la même affectation. Il se peut qu'il y ait un bureau
de Sécurité sociale qui ait agréé des
tatoueurs mais ce serait un cas isolé.
Danièle Messager :
Sur les procédures d'hygiène et de
stérilisation, comment faites-vous pour avoir accès aux
autoclaves?
Emma :
Il suffit de demander aux fournisseurs de matériel
médical. Vous pouvez en avoir un à la maison moyennant
un peu plus de 30 000 francs. Quand vous montez une boutique, soit
vous voulez faire de l'argent, soit vous voulez la
sécurité. Il faut savoir quelles sont les
priorités. Pour moi, le choix de la sécurité est
le plus important.
Marquis :
Le problème, c'est que tous les professionnels sont
équipés en autoclave de classe B. Mais il existe
différentes sortes d'autoclave, notamment des beaucoup plus
petits qui coûtent beaucoup moins cher. Pourquoi nous
impose-t-on la classe B qui coûte le plus cher?
Jean-Baptiste Guiard-Schmid :
On n'impose rien. Mais dans l'état actuel de ce que l'on
sait, avec les risques de prions et la réglementation en
vigueur en Europe sur les stérilisateurs, on pense que c'est
le mieux. En l'état actuel des choses, on est incapable de
dire qui est bon et qui ne l'est pas. Il n'y a pas de statut de la
profession. La question de formation et du statut légal de
cette profession se pose.
Danièle Messager :
Est-ce que proportionnellement au nombre d'actes
réalisés on peut dire qu'il y a beaucoup de risques?
Jean-Baptiste Guiard-Schmid :
On n'a que les chiffres que j'ai donnés tout à
l'heure: 10 à 20% de complications, mais elles apparaissent
souvent après, lors de la période de cicatrisation.
D'où l'importance de bien expliquer aux gens les soins de
suivi.
Emma :
Il faudrait déjà savoir distinguer infection et
inflammation et dire aux gens de revenir voir la personne qui a fait
l'acte avant d'aller voir un médecin. C'est là
où l'éducation doit se faire aussi.
Olivier, professionnel du piercing :
Ce que l'on observe avec le piercing dans les premières
semaines de cicatrisation pourrait être comparable à ce
que l'on voit après la pose d'un drain ou d'un
cathéter.