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Janvier 2002

45ème RENCONTRE DU CRIPS
La prévention du VIH avec les migrants

      

Didier Jayle,
directeur du CRIPS

Je ne vais pas remplacer tout à fait Florence Lot car je ne pourrai pas répondre à toutes vos questions. Derrière les chiffres, on imagine le malheur, les souffrances, qui touchent certains pays dans le monde et particulièrement l'Afrique subsaharienne.

Au 31 mars 2001, 51810 cas de sida avaient été déclarés en France depuis le début de l'épidémie. Parmi ces cas, 7 711 (15% du nombre total de cas, soit un pourcentage largement supérieur à celui de l'ensemble de la population étrangère vivant en France qui est de 5,57%) concernaient des personnes de nationalité étrangère.
Mais alors que chez les personnes de nationalité française on constate une diminution très nette du nombre de nouveaux cas qui sont passés de 4466 en 1995 à 1189 en 2000 grâce à la diffusion des antiprotéases, cette réduction a été moindre chez les personnes de nationalité étrangère. De 705 en 1995, le nombre de nouveaux cas de sida enregistrés dans cette communauté est, en effet, passé à 316 en 1998 et a même augmenté par la suite pour atteindre 450 en l'an 2000. Entre 1998 et 2000, le nombre de personnes originaires d'un pays d'Afrique subsaharienne (Cameroun, Congo, Côte d'Ivoire, Mali et République Centrafricaine) a augmenté de 46% et celui des personnes orginaires du continent américain (Equateur, Guyane, Haïti, Surinam) de 54%.

Chez les personnes d'Afrique subsaharienne qui sont essentiellement domiciliées en région Ile-de-France (72%), le nombre de nouveaux cas reste stable chez les hommes (+4%) et l'augmentation touche principalement les femmes (+121% entre 1998 et 2000) dont la grande majorité (74%) ignorent leur séropositivité au moment du diagnostic.
Chez les personnes originaires du continent américain, l'augmentation du nombre de cas concerne de façon assez comparable les hommes (+45%) et les femmes (+68%).

Outre les actions de prévention du Crips évoquées par Abdon Goudjo, je voudrais ajouter que nous avons récemmment créé une nouvelle publication destinée aux médecins, aux prescripteurs et aux associations qui s'appelle Transcriptase Sud. C'est un journal qui arrive au moment où la plupart des publications pour l'Afrique francophone (Sid'Alerte, Sid'Info, Sid'Afrique, Sida et Migration...) ont disparu. Il nous paraissait donc indispensable, alors que naissent les espoirs d'accès des médicaments en Afrique, d'avoir un support en français qui aide les prescripteurs et qui fasse part de nos expériences. Transcriptase Sud est envoyé gratuitement par e-mail à toutes les personnes qui en font la demande, ou en version papier sur abonnement payant (4000 FCFA, soit 6 Euros par an pour 4 numéros). Ce n'est donc pas une opération à but lucratif. Le dernier numéro est sorti pour la Conférence de Ouagadougou. C'est aussi l'occasion d'échanger sur le sida en Afrique et sur la façon dont les migrants qui habitent en France et en Ile-de-France sont pris en charge, et l'occasion d'un échange entre les associations.

 

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