Janvier 2002
45ème RENCONTRE DU CRIPS
La prévention du VIH avec les
migrants
Yves Madiba, Fédération
IFAFE
Le
grand problème que nous avons avec les migrants d'origine
africaine, c'est que la manière d'aborder les gens est
complètement éloignée de l'approche classique de
prévention qui existe à l'heure actuelle.
IFAFE est une fédération d'associations
initiées par les femmes qui travaillent en Europe avec des
migrants d'origine africaine et qui s'attache à conserver les
ponts avec l'Afrique. Je suis bénévole et je me suis
plus particulièrement occupé de la bande
dessinée Maïmouna, dont l'idée a été
lancée à l'occasion de la journée mondiale de
l'année dernière. Nous avons réuni des femmes
d'origines différentes et organisé une table-ronde
où chacune racontait son expérience et la
manière dont le sida était perçu, afin d'essayer
d'en tirer quelque chose qui les concerne tous, qui puisse durer et
qui puisse être utilisé aussi bien ici que
là-bas. Nous avons donc trouvé un ciment autour duquel
nous avons réalisé une bande dessinée, en
insistant aussi sur la partie scientifique pour laquelle nous avons
fait appel au Crips, et notamment sur la promotion du
préservatif féminin et l'espoir qu'il représente
pour les femmes africaines de pouvoir prendre en charge la
prévention.
Nous avons beaucoup travaillé le scénario pour que
l'histoire soit la plus agréable possible à lire et
à comprendre.
L'avantage de la BD c'est qu'elle s'adresse aussi bien aux
populations alphabétisées qu'à celles qui ne le
sont pas. Nous avons organisé des buffets dans les foyers
de jeunes travailleurs avec une animation autour de cette BD, un
griot qui a composé un air sur l'histoire et la racontait.
Intrigués, les gens venaient, et une fois la bande
dessinée en main, discutaient avec nous tout naturellement.
Nous distribuons également des sacs prévention qui,
outre la BD, contiennent des adresses et les informations
nécessaires.
Je voudrais ajouter ce que je ressens par rapport aux associations de migrants, aux associations en général et aux migrants en dehors des associations, c'est que si énormément d'approches sont réalisées séparément, il y a également une infinité d'isoloirs qui nous desservent.
Abdon Goudjo
J'espère qu'à terme cette bande dessinée
sera prise en charge par la DGS et le CFES et donnera des petits car
il est souhaitable de créer un personnage récurrent
aussi important que Moussa le taximan, notamment pour les femmes afin
qu'elles puissent s'identifier à une femme qui n'est pas dans
la résignation mais dans la pugnacité.