Septembre 2002
46ème RENCONTRE DU CRIPS
2002: Prévention du sida, des
hépatites et des IST en prison: état des lieux et
perspectives
Perspectives
Un
exemple qui peut laisser rêveur face au peu d'espoir
laissé par les représentantes de l'administration
française quant aux éventuelles perspectives
d'évolution dans l'Hexagone.
"Un des principaux obstacles est le manque d'adhésion du
personnel pénitentiaire, médical et parfois même
des prisonniers eux-mêmes", a ainsi expliqué
Dominique de Galard, médecin inspecteur
général de santé publique à la direction
de l'administration pénitentiaire.
"La mise en uvre de mesures de prévention doit encore
progresser", a-t-elle également estimé, en
précisant que "nous avons commencé à
organiser des réunions conjointes avec le ministère de
la Santé sur les mesures proposées par le groupe de
travail Santé/Justice et sur les mesures de base à
mettre en place".
Autrement dit, un groupe de travail sur les mesures
préconisées par un groupe de travail qui donnera
lui-même vraissemblablement lieu à l'organisation d'un
groupe de travail...
Même
son de cloches du côté de la direction
générale de la Santé pour laquelle Nicole
Labrosse-Solier s'est contentée de souligner: "On voit
que les infections sont encore un problème majeur en milieu
carcéral. Il faut continuer à documenter ce
problème, à améliorer la prévention du
VIH, le dépistage du VHC, l'accès aux soins et aux
traitements de substitution. C'est un sujet délicat aux
multiples contraintes".
Et l'adjointe à la division de la lutte contre le VIH/sida
et les IST d'indiquer, optimiste : "La division sida a
consacré un chapitre spécifique aux prisons dans la
dernière édition du rapport Delfraissy prônant
notamment les mêmes recommandations de soins dedans que dehors.
Il faut également compter avec la circulaire du 30 janvier
dernier sur la prescription de méthadone dans les
établissements pénitentiaires. Enfin, sur la
nécessité de travailler conjointement, je voudrais
préciser que la DGS a lancé un travail commun dans 9
régions pénitentiaires avec des intervenants
pénitentiaires, sanitaires, les Drass, etc., pour mettre en
commun les cultures sanitaires et pénitentiaires et les faire
évoluer, créer une vraie dynamique et travailler sur
les freins".
Travail qui devrait, là encore, "déboucher sur un
cahier des charges pour la mise en place de mesures
spécifiques"...
"Et les politiques ? Quand vont-ils nous donner les moyens et les
directives pour mettre ces mesures en place ?" a alors
demandé Antonio Ugidos, le directeur adjoint du Crips
Ile-de-France. "Depuis la première rencontre
organisée par le Crips sur les prisons, en 1991, rien - ou
presque- n'a bougé et onze ans plus tard, on entend toujours,
il va falloir se documenter, évaluer, organiser des groupes de
travail, etc. Tout ceci a pourtant déjà
été évalué, on a des expériences
et on voit très clairement que cela peut fonctionner".
Ainsi, comme l'a souligné pour conclure Nicole Labrosse-Solier, si "la réduction des risques est un concept qui a vraiment fait ses preuves (...), elle doit encore faire ses preuves à l'intérieur du milieu carcéral".