sommaire64

Décembre 2002

48ème RENCONTRE DU CRIPS
Prévention des risques sexuels et/ou réduction des risques sexuels ?

      

Questions de la salle

Jean-François Chassagne (SNEG)
Il est hors de question de laisser un tel document en libre circulation bien que l'on constate effectivement une augmentation des prises de risque. Il faut vraiment trouver un dispositif qui parle aux gens qui ne se protègent plus toujours.

Christophe Martet (Têtu)
Têtu a publié ces flyers cet été. La presse gay a aussi le droit et le devoir d'en parler, de critiquer comme on l'a fait car, en l'occurrence, l'écrit est faux: on ne peut pas dire que plus la charge virale est basse, moins il y a de risque ou que sans capote on peut mettre du gel, etc. Il faut aussi réfléchir au public que l'on vise. On a oublié de dire que le plus grand drame, c'est que quelqu'un se contamine. On ne doit pas le tolérer. Ce n'est pas parce que les traitements existent que c'est moins grave.

René-Paul Leraton (Ligne Azur/SIS)
L'intérêt de ces flyers, c'est de reconnaître une réalité: il existe des gens qui reprennent des risques et il ne faut pas leur jeter l'anathème. Il est extrêmement important de se mobiliser là-dessus plutôt que de perdre son temps à s'engueuler.

Michel Bourrely (Aides)
Si le postulat de base c'est que tout le monde se protège, ceci est effectivement nul et non avenu. Mais certains n'utilisent pas de préservatif. Alors, la critique, c'est bien mais qu'est-ce qu'on fait d'autre ? Jusqu'à présent, il n'y a rien. Qu'est-ce qu'on fait pour ceux qui ne veulent pas dire qu'ils ne mettent pas de capote ? Quelle est la responsabilité ?

Nicole Athéa (Crips)
En situation de counseling, on écoute les difficultés des gens et on essaye de travailler avec eux sur des comportements qui pourraient être pour eux à moindre risque, un travail d'accompagnement qui les aide à aller à chaque fois un peu plus loin. Tout un travail d'écoute de l'autre. A la différence de ce qui peut se généraliser, en apportant une caution scientifique à des comportements qui ne sont pas globalement préventifs. Car quand on passe de l'individuel au collectif, il y a un problème de cautionnement de pratiques dont le risque n'est pas négligeable.

Antonio Ugidos (Crips)
Je ne pense pas que l'on puisse transposer la réduction des risques liés à l'usage de drogues aux comportements sexuels. La réduction des risques, c'est éviter d'être contaminé, de soi à soi. Dans le cas des pratiques sexuelles, c'est de soi à l'autre. A-t-on assez travaillé sur la revalorisation de la responsabilité individuelle ? Comment sensibiliser et valoriser les personnes séropositives dans le maintien d'une attitude de prévention ?

France Lert
Je voudrais revenir sur le passage de l'oral à l'écrit. La nécessité de donner une brochure de la main à la main me rappelle tout le débat qu'il y a eu sur les seringues qui auraient de même dues être données de la main à la main avec un laïus. Les usagers de drogues comme les gays sont capables d'utiliser une information sans qu'on la leur porte.

Marie Jauffret-Roustide
Quand les seringues ont été mises en vente libre, on a dit que cela allait pousser les gens à la consommation. Les gens ont-ils vraiment besoin de ce genre de flyers pour prendre des risques ?

Pierre-Olivier de Busscher (SIS)
Je suis beaucoup plus inquiet que France Lert sur le passage de l'oral à l'écrit. Mendes-Leite a montré comment les gens se réapproprient les messages de prévention, toujours dans le sens de l'économie de la prévention.

 

 Retour au sommaire