février 2003
49ème RENCONTRE DU CRIPS
Une rencontre animée par Abdon Goudjo, CRIPSLes migrants sont aujourd'hui les plus touchés par l'infection à VIH/sida en France.
Quelle interprétation doit-on donner de ce constat ?
Accès à la prévention, aux soins, aux droits des migrants/étrangers en France :
y a-t-il une spécificité de l'infection à VIH chez les communautés migrantes ? Comment la qualifier, l'expliquer, et la combattre ?Telles étaient les questions abordées lors de la 49ème rencontre organisée par le CRIPS à la Cité des Sciences et de l'Industrie sur le thème "Sida et migrants/Etrangers."
Comme l'a tout d'abord rappelé Abdon Goudjo, l'épidémiologie de l'infection à VIH en France est marquée depuis quelques années par l'augmentation du nombre de cas chez les étrangers. Parmi les nouveaux cas de sida déclarés entre 1995 et 2001, 15% concernent des patients de nationalité étrangère, alors que les étrangers ne représentaient que 6% de la population générale française en 1999. On observe de surcroît une augmentation des nouveaux cas déclarés depuis 1999, avec une proportion d'étrangers passant de 14% en 1995 à 27% en 2000. Celle-ci est particulièrement élevée pour les personnes originaires d'Afrique subsaharienne (+ 46% entre 1998 et 2000), et, parmi les Africains, chez les femmes (+ 121%). Enfin, la découverte de l'infection par le VIH est plus souvent tardive chez les étrangers, et intervient souvent au moment du diagnostic sida (42% versus 22% chez les français)1.