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Mars 2005

57ème RENCONTRE DU CRIPS ILE-DE-FRANCE
FEMMES MIGRANTES ET VIH/SIDA DANS LE MONDE : UNE APPROCHE ANTHROPOLOGIQUE

      

MARY HAOUR-KNIPE
SENIOR ADVISOR POUR LES QUESTIONS DE MIGRATIONS ET VIH/SIDA,
SERVICE SANTÉ ET MIGRATION, ORGANISATION INTERNATIONALE POUR LES MIGRATIONS

L’année 2003 a vu de nombreux efforts sur le plan international: augmentation des dépenses pour répondre à l’épidémie, mise en place de structures nationales de lutte contre le sida dans la majorité des pays, élargissement de la reconnaissance du rôle de la prévention, amélioration de l’accès aux antirétroviraux, en particulier sous l’impulsion du projet de l’Organisation mondiale de la santé "3 millions de personnes sous traitement antirétroviral d’ici 2005".
L’année 2003 est également marquée par l’émergence alarmante de l’épidémie en Chine, en Inde, dans les Baltiques et les Balkans. L’influence des conflits et des guerres sur l’épidémie sort de l’ombre. La conférence de Bangkok a également souligné la vulnérabilité des jeunes femmes mariées face au VIH sur plusieurs continents.
Sont définis comme migrants les personnes qui traversent les frontières internationales. Ils représentent 175 millions de personnes dans le monde, soit une personne sur 35. Contrairement aux croyances dans les pays développés, les migrations sont beaucoup plus nombreuses entre pays en voie de développement que vers les pays développés. Dans le dernier rapport de l’OIM, la moitié des migrants dans le monde sont des femmes. On note également l’augmentation des migrations d’individus hautement qualifiés (500000 Africains, professionnels de la santé ou de l’informatique, etc. ont migré ainsi vers l’Europe ou le continent nord-américain) et "la fuite des cerveaux" que cela engendre est un véritable problème. Un autre point important, souligné dans ce rapport, concerne la migration clandestine et le trafic humain qui en découle.
Pendant longtemps, on a rencontré des difficultés pour obtenir des données mettant en évidence les liens entre le phénomène des migrations et les infections au VIH. Les facteurs psychologiques de vulnérabilité sont, entre autres, l’éloignement pouvant entraîner une modification des comportements, l’aliénation, le désespoir, la solitude. Les migrants sont des personnes courageuses prenant le risque de quitter leur pays, et on peut émettre l’hypothèse qu’ils sont plus enclins que les autres à prendre des risques. Les facteurs sociologiques de vulnérabilité sont également très importants: la pauvreté, l’absence de protection légale, l’exploitation, la discrimination et la xénophobie, les violences sexuelles, l’absence d’accès à la prévention, au dépistage et aux traitements.

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