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Mars 2005

57ème RENCONTRE DU CRIPS ILE-DE-FRANCE
FEMMES MIGRANTES ET VIH/SIDA DANS LE MONDE : UNE APPROCHE ANTHROPOLOGIQUE

      

JENNIFER KLOT
CONSEILLÈRE PRINCIPALE POUR LES QUESTIONS DE VIH/SIDA, GENRE ET SÉCURITÉ,
SOCIAL SCIENCE RESEARCH COUNCIL, NEW YORK, USA

L’enjeu des spécificités des genres a été abordé pour la problématique des migrations. Il est maintenant reconnu qu’un des facteurs de risque de contamination par le VIH est d’être une femme. Des facteurs biologiques y contribuent, le virus étant plus facilement transmis d’un homme vers une femme que l’inverse. Les facteurs sociaux et culturels jouent un rôle déterminant qu’il faut analyser car les interventions dirigées vers les femmes sont actuellement très limitées.
Réfléchir à la situation des femmes face au VIH/sida soulève trois problèmes peu abordés.
Le premier concerne les violences. Les régions à haut taux d’incidence de l’infection sont également des régions où les violences sexuelles à l’encontre des femmes sont fréquentes. Il est très difficile d’établir un lien de causalité car ces mêmes zones connaissent d’autres facteurs liés à l’épidémie : la pauvreté, la famine, les autres maladies, de forts taux de migration, etc. De plus, ces violences sexuelles ne peuvent pas être simplement limitées aux viols ou à la prostitution qui sont actuellement les seules cibles des interventions. Il faut également parler des cas où le sexe est utilisé comme mode de transaction ou de survie, des viols dans le cadre du mariage, des mariages forcés et, plus généralement, de toutes les formes d’exploitation des femmes.
Le deuxième problème concerne les soins qui ne sont vus que sous l’angle médical du traitement. Les soins qui sont apportés par les femmes à leur famille, aux malades de la communauté, ne sont pas reconnus et ce travail non rémunéré n’apparaît dans aucune statistique économique nationale. Des fonds pour les soins de proximité ne sont jamais créés, les femmes les prenant à leur charge et se substituant ainsi aux gouvernements. Mais, lorsque le poids des soins devient trop lourd, l’activité des femmes en est très affectée: abandon d’un emploi, modification des pratiques d’agriculture, moindre accès à l’éducation et moindre participation à la vie civile.
Le dernier problème est celui de la mobilisation des femmes. Le sida est aujourd’hui le plus grand risque encouru par les femmes sur le plan mondial. Le pouvoir de l’activisme a été souligné concernant les mouvements gays et lesbiens pour la question de l’accès aux traitements. Rien d’équivalent n’apparaît sur la scène mondiale concernant le mouvement des femmes et sa mobilisation contre le sida.

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