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Décembre 2006

65ème RENCONTRE DU CRIPS ILE-DE-FRANCE
QUELLE PREVENTION DU VHC AUPRÈS DES USAGERS DE DROGUE ?

      

LA QUESTION DU DEPISTAGE

 

PIERRE GOISSET
MEDECIN DIRECTEUR, CSST LA MOSAIQUE

La prévention se réduit souvent aux tests de sérologie des hépatites dans les centres médicaux spécialisés pour les toxicomanes. Très peu de centres de dépistage proposent des informations de réduction des risques. Ce qui s’explique notamment par le faible niveau de formation des professionnels en matière de réduction des risques. Or il faut éviter que le dépistage ne devienne l’unique action de prévention. Concernant les tests eux-mêmes, les techniques évoluent. La biopsie invasive et dissuasive peut aujourd’hui être remplacée par les fibro-tests, tests par ultrasons, qui permettent de voir le retentissement de la maladie sur le foie. On perd actuellement la moitié des patients en cours de dépistage. Et l’on finit par traiter cinquante personnes sur les deux cents qui en auraient besoin. Il faudra réduire les étapes de prélèvements sanguins et faire des consultations d’hépatologie sur les lieux de prévention des risques et de prise en charge addictologique.
Les traitements sont deux fois plus efficaces qu’il y a dix ans. L’Interféron n’a pas disparu et reste difficilement toléré, mais certains traitements sont plus simples aujourd’hui. L’hépatite C pose un problème : la maladie laisse tellement de temps aux malades, son développement est tel, que les jeunes et les usagers de drogue, notamment, ont tendance à l’oublier.
Concernant les malades, il faut souligner les risques de surcontaminations provenant de la consommation de produits psychotropes hépato-toxiques (alcool, cocaïne, MDMA..). La lutte contre l’alcoolisme est l’un des enjeux majeurs pour les malades, souvent en grande difficulté pour arrêter. Les décès par cirrhose du foie, de l’ordre de 3000 à 4000 par an, ont dépassé ceux dûs au sida.
Ce traitement, qui engendre des états dépressifs et une plus grande irritabilité, est propice à la reprise de benzodiazépines ou d’alcool. Les thérapies comportementales cognitives (TCC) pourraient être utilisées avant d’entamer le traitement. Il importe de se demander quelles sont les priorités de la personne concernée, de s’interroger sur l’opportunité d’administrer des soins difficiles à tel ou tel moment. La question de l’environnement, du soutien éventuel du malade à soigner, doit être prise en compte.
Le test est aussi une mesure que l’individu prend pour protéger les autres. Et pour les malades, une série de précautions peuvent suivre pour éviter d’autres contaminations, comme ne pas laisser sa brosse à dents à disposition, par exemple.

 

QUESTIONS DE LA SALLE

GERALD SANCHEZ, ACT UP-PARIS - Le nombre de cirrhoses du foie explose depuis 2000. L’accompagnement thérapeutique avant, pendant et après le traitement est fondamental. Mais les assistants sociaux, entre autres, n’y sont pas formés.
CATHERINE DUPLESSIS, SAFE - Je voudrais insister sur le problème d’accès aux seringues en France. L’usage multiple des seringues reste un facteur essentiel de contamination. Le nombre de programmes d’échanges de seringues (270 PES en France) et d’automates est insuffisant. La situation dans les petites villes et les zones rurales est difficile.
MARIE-CHRISTINE CHARANSONNET, MEDECIN - Il faudrait, en effet, trois à quatre fois plus de seringues disponibles dans les pharmacies et les PES.

 

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